"Ensemble, nous sommes une équipe formidable"

Donald Tusk, Jens Stoltenberg et Jean-Claude Juncker. ©AFP

L'Otan et l'UE s'engagent à coopérer davantage contre les menaces communes.

Le 27e sommet de l'Otan s'est ouvert ce vendredi à Varsovie, et se clôture samedi.

De quoi les dirigeants de l'Alliance atlantique vont-ils parler? Ils consacrent l'essentiel de leurs débats à leurs relations avec la Russie, renouant avec le rôle que l'Alliance atlantique jouait au plus fort de la Guerre froide.

Première affirmation. L'Union européenne et l'Otan ont signé une déclaration conjointe par laquelle les deux organisations "complémentaires et se renforçant mutuellement", basées toutes deux à Bruxelles, s'engagent à coopérer davantage, notamment pour lutter contre des menaces communes visant leurs Etats-membres.

La cérémonie de signature a eu lieu à Varsovie, mais en marge du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 28 pays de l'Alliance atlantique. Cette déclaration sans précédent a été qualifiée d'"historique" par le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, qui a apposé sa signature au bas du document, tout comme les présidents du Conseil européen et de la Commission, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker.

Le Premier ministre belge Charles Michel a défendu la place de la Belgique comme partenaire "fiable" et "crédible" au sein de l'Otan en dépit du faible niveau de ses dépenses militaires, en invoquant l'"inversion de la courbe" décidée par son gouvernement en vue de "stopper vingt années d'économies dans le département de la Défense" et d'ensuite recommencer une "logique de croissance", a-t-il déclaré peu avant l'ouverture du sommet. 

Il a aussi insisté sur la présence militaire belge dans plusieurs opérations internationales, comme en Irak - où des chasseurs-bombardiers F-16 ont repris leur place dans la campagne aérienne contre le groupe djihadiste Etat islamique depuis la Jordanie et où des instructeurs belges participent à la formation des forces armées irakiennes - et en Afghanistan.

 

Les réactions

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"Ensemble, nous sommes une équipe formidable", a lancé Stoltenberg, en rappelant les domaines dans lesquels Otan et UE ont décidé de coopérer davantage: le partage d'informations, la lutte contre les menaces "hybrides" - comme celles qui ont permis à la Russie d'annexer la Crimée, alliant désinformation, menaces sur des infrastructures civiles et intervention à couvert de forces spéciales - et la cyber-sécurité.

"Nous avons décidé d'en faire plus (ensemble)", a pour sa part affirmé Juncker. "Une Union européenne plus forte signifie une Otan plus forte et une Otan plus forte signifie une Union européenne plus forte", a ajouté le président de la Commission.

Tusk a pour sa part souligné que les deux organisations avaient en bonne partie des membres en commun, mais des règles et des procédures propres. "D'un autre côté, elles sont complémentaires et se renforcent mutuellement. Dès lors, cela a du sens de coopérer plus étroitement", a dit le président du Conseil.

L'Otan et l'UE ont en commun 22 membres. Elles ont déjà noué un partenariat stratégique et entretiennent un dialogue politique régulier sur les questions de sécurité en dépit de blocages engendrés par les tensions entre Chypre (membre de l'UE mais non de l'Otan) et la Turquie, un allié qui aspire à adhérer à l'Union.

 

Que dit le texte?

Selon le texte de la déclaration, les deux organisations expriment le besoin urgent de coopérer davantage afin d'améliorer leur capacité de contrer les menaces hybrides en développant des procédures coordonnées, d'élargir leur coopération opérationnelle, notamment en mer - l'UE dirige l'opération "Sophia" en Méditerranée, où l'Otan déploie également des navires dans le cadre d'"Active Endeavour", tout en luttant contre les passeurs en mer Egée en renfort de l'agence européenne Frontex - et en élargissant leur coordination sur la cyber-sécurité.

L'Alliance et l'Union souhaitent aussi coordonner davantage leurs exercices principalement militaires dès 2017 et contribuer à renforcer les capacités de défense des pays "partenaires" à l'est de l'Europe et à sa périphérie sud.

©EPA

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