Erdogan menace la Grèce à la veille de manœuvres militaires

Image diffusée par le ministère turc de la Défense le 12 août, montrant le navire de prospection Oruc Reis et son escorte au large d'Antalya. ©AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a émis samedi de nouvelles menaces envers la Grèce à propos des tensions en Méditerranée orientale, à la veille de manoeuvres militaires au large de Chypre.

"Ils vont comprendre que la Turquie est assez forte politiquement, économiquement et militairement pour déchirer les cartes et les documents immoraux", a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une allocution télévisée, faisant allusion à des zones maritimes que la Grèce et Chypre considèrent comme leurs zones économiques exclusives. "Ils vont comprendre, soit par le langage de la politique et de la diplomatie, soit sur le terrain via d'amères expériences", a menacé le dirigeant turc , ajoutant que "la Turquie et le peuple turc sont préparés à toute éventualité et à toute conséquence".

"Ils vont comprendre, soit par le langage de la politique et de la diplomatie, soit sur le terrain via d'amères expériences."
Recep Tayyip Erdogan
Président de la Turquie

La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l'Otan, se déchirent à propos de gisements d'hydrocarbures en Méditerranée orientale, depuis que la Turquie y a envoyé le 10 août un navire d'exploration sismique accompagné de navires de guerre. La Grèce et Chypre accusent la Turquie de violer leur souveraineté en menant des forages d'exploration dans leurs eaux. L'armée turque va démarrer dimanche cinq jours de manoeuvres militaires en République turque de Chypre du Nord, une entité reconnue uniquement par la Turquie, ont indiqué des responsables militaires turcs.

"Pourparlers" avortés

L'Otan avait annoncé cette semaine que les dirigeants grec et turc avaient accepté d'engager des "pourparlers techniques" pour prévenir tout nouvel incident entre leurs marines respectives. Mais la Grèce avait ensuite démenti être prête à participer à des discussions, poussant la Turquie à accuser Athènes de refuser le dialogue.

"La Turquie est prête à toute forme de partage (des ressources en hydrocarbures), du moment qu'il est équitable", a encore déclaré samedi M. Erdogan. Depuis le 10 août, Ankara a déployé le bateau sismique Oruç Reis et une escorte de navires de guerre turcs pour prospecter une zone riche en hydrocarbures, au large de l'île grecque de Kastellorizo et à 2 km des côtes turques.

La Turquie prospecte également dans les eaux de la République de Chypre, pays de l'UE qu'elle ne reconnaît pas depuis la partition de l'île en 1974. Fin août, la tension est montée d'un cran quand les deux pays ont effectué des manoeuvres militaires rivales, la Turquie avec les Etats-Unis puis avec la Russie, la Grèce avec la France, Chypre et l'Italie.

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