Espagne: les espoirs d'une sortie de crise revus à la baisse

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Alors que le parti socialiste espagnol réitère sa volonté de s'opposer à un gouvernement de droite, la situation politique en Espagne s'enlise à nouveau.

Malgré une brève éclaircie, la sortie de crise espagnole ne semble toujours pas pour demain. Les choses avaient pourtant bien commencé pour le Premier ministre sortant Mariano Rajoy (Parti Populaire, PP), vainqueur des élections. Il a, en effet, obtenu ce mercredi matin le feu vert de son parti pour négocier un accord de gouvernement avec la formation de centre-droit Cuidadanos (C's), arrivée quatrième à l'issue du dernier scrutin.

Un jour plus tôt, Ciudadanos acceptait de négocier avec le parti conservateur, à la condition de pouvoir imposer un paquet de six réformes visant à combattre la corruption et à modifier le système électoral. 

Dans ces conditions favorables, M. Rajoy  avait tout le loisir de renvoyer la balle dans le camp du parti socialiste de Pedro Sanchez (PSOE). En effet, toute opposition de la part du PSOE lors d'un vote de confiance au parlement signifierait la fin des espoirs pour la coalition PP-Cuidadanos, qui serait alors dans l'impossibilité d'obtenir la majorité nécessaire. Celle-ci a au minimum besoin de l'abstention des députés du PSOE pour passer. 

 Le Premier ministre sortant n'a donc pas manqué l'occasion de remettre la pression sur les socialistes espagnols. "Ciudadanos a fait un pas en avant, le Parti socialiste n'en a pas fait un seul. Sans ce pas, il n'est pas possible que l'investiture passe" a déclaré Mariano Rajoy. Un message clair: en cas de refus de coopérer, la gauche devra porter le poids de ce nouvel échec.

"Ciudadanos a fait un pas en avant, le Parti socialiste n'en a pas fait un seul. Sans ce pas, il n'est pas possible que l'investiture passe"
Mariano Rajoy
Chef de file du Parti Populaire (conservateur)

 

Le PSOE dit "NO"

Mais dans le camp socialiste, on semble déterminé à faire bloc. Au terme d'une réunion avec le noyau dur de son parti, Pedro Sanchez a réaffirmé qu'il ne donnerait pas sa chance à un gouvernement de droite.

"Nous voterons contre par conviction idéologique. Le PSOE ne va pas s'abstenir devant les inégalités, le chômage, et la corruption," a-t-il assuré. "Rajoy veut gouverner sans opposition".

"L'Espagne a besoin d'une régénération démocratique, et il ne peut y avoir de régénération que si le PP se régénère dans l'opposition. Pour cela, nous voterons NON". 

Mariano Rajoy a déjà signifié plusieurs fois qu'il ne ferait pas face à un vote de confiance du parlement sans avoir préalablement obtenu des garanties de la part des socialistes. Dès lors, la situation politique du pays semble prête à s'embourber dans une nouvelle impasse. 


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