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Éviter la psychose du coronavirus

La crise du coronavirus se renforce dans le monde.

"La raison du plus fort est toujours la meilleure", a écrit Jean de La Fontaine dans sa fable "Les animaux malades de la peste", où l'on sacrifie le plus faible des animaux pour conjurer la maladie. L'Italie est devenue, malgré elle, l'épicentre du coronavirus en Europe. La tentation est grande de l'isoler en rétablissant les frontières. C'est, en tout cas, ce que réclame l'extrême droite en France et dans d'autres pays.

Il est urgent que cette crise sanitaire ne dégénère pas en psychose justifiant l'irrationnel et les pires excès.

Il existe un précédent. Lors de la crise migratoire de 2015, les pays voisins de la Grèce avaient fermé leurs frontières dans le désordre et sans développer de réelle politique d'accueil. Au lieu de répondre de manière coordonnée, les États européens avaient étalé une cacophonie indigne et un manque total de solidarité. La Grèce avait été isolée. Les migrants, parqués dans des camps et déshumanisés, en payèrent le prix. La crise avait déstabilisé l'Europe.

Cette fois, l'Europe semble prendre les devants en multipliant les réunions de coordination. Chaque État déploie ses propres mesures d'urgence, c'est très bien. Mais est-ce suffisant? Cette crise sanitaire n'est-elle pas l'occasion pour les Européens de se battre ensemble, et de prendre des mesures concertées? Il est urgent que l'épidémie soit traitée dans sa dimension européenne avec méthode, sang froid et efficacité.

Il est urgent que cette crise sanitaire ne dégénère pas en psychose justifiant l'irrationnel et les pires excès, comme la fermeture spontanée de frontières ou la stigmatisation d'un peuple. S'il existe des raisons de rétablir des contrôles aux frontières, c'est aux autorités scientifiques de le décider, selon le stade de l'épidémie. Non à des élus faisant feu de tout bois.

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