"Extinction Rebellion", la force sans la violence au Royaume-Uni

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Ce groupe d’action veut employer la manière forte pour pousser les politiques à agir pour le climat. Il vient de franchir un pas supplémentaire cette semaine en bloquant une partie des transports londoniens.

Ce fut l’une des images du Brexit. Le 1er avril, une douzaine de membres du groupe Extinction Rebellion se sont déshabillés en pleine Chambre des Communes, derrière la paroi de protection vitrée, et ont chanté des slogans appelant les politiques à sortir de la nasse juridique dans laquelle ils étaient empêtrés. Leur requête: travailler sur des enjeux jugés plus graves, ceux du changement climatique.

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Depuis, ce mouvement qui se présente comme non violent est passé à un niveau supérieur dans ses actions, entraînant avec lui de plus en plus de personnes sensibilisées à la cause environnementale, mais aussi opposées à la structuration actuelle de la société. Des gilets jaunes purement tournés vers le bien collectif, en somme.

Le mouvement a commencé à bloquer des métros et des routes au cœur de Londres, et a mis à exécution ce vendredi sa promesse de mener une action à l’aéroport d’Heathrow. L’extension de cet aéroport, en débat depuis plusieurs années, est le symbole des contradictions entre une logique de croissance et une logique de développement durable.

Les membres d’Extinction Rebellion bloquent pour l’instant les réseaux de façon très limitée et temporaire, libérant la circulation au bout de quelques minutes d’action.

Le distinguo entre l’usage de la force et la violence reste très fin.

Créé officiellement en octobre dernier, XR a acté sa naissance avec une lettre ouverte à des universitaires, ce qui a permis de donner un contenu à cette logique activiste. Sa progression a été très rapide grâce aux réseaux sociaux, et a même entraîné la création d’antennes dans plusieurs dizaines de pays. Des réunions d’information et des actions collectives se tiennent chaque jour au Royaume-Uni.

Le distinguo entre l’usage de la force, clairement revendiqué par ses membres, et la violence, qui est tout aussi clairement rejetée, reste très fin. Les autorités craignent une radicalisation dans les prochaines semaines. Plusieurs centaines d’activistes ont déjà été interpellés, mais aucun n’a été condamné à une peine importante.

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L’opinion publique est également partagée, dans un pays qui a vu naître la finance moderne et où le capitalisme est profondément ancré dans les esprits. Pour beaucoup, le blocage des acteurs économiques est le pire moyen de lutter contre le changement climatique, l’innovation technologique et scientifique étant perçue comme un moyen de gagner la course de vitesse contre la montre.

Extinction Rebellion a en tout cas réussi le plus dur: s’installer au cœur du débat médiatique, en attendant que les politiques libèrent de la place dans leur agenda.

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