Face aux caprices de Trump, Michel suggère de dialoguer avec la Russie

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Les dirigeants européens sont réunis à Sofia pour un sommet sur l’élargissement de l’UE aux Balkans. Ils se sont montrés unis face au président des Etats-Unis Donald Trump, jugé de plus en plus "capricieux" dans ses décisions. Charles Michel a plaidé pour un dialogue avec la Russie et la Chine.

Un Donald n’est pas l’autre, selon le côté de l’Atlantique où il se trouve. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, l’a rappelé ce mercredi soir à Sofia en chargeant le président des Etats-Unis, Donald Trump, pour sa politique internationale qualifiée de "capricieuse".

Les dirigeants européens se sont donné rendez-vous deux jours dans la capitale bulgare pour parler de l’élargissement de l’Union aux pays des Balkans occidentaux. Les crises ouvertes à tout-va par le Président américain ont coulé l’agenda initial du dîner de mercredi, finalement consacré aux Etats-Unis. "Quand on regarde les dernières décisions du président Trump, on pourrait même se dire qu’avec de tels amis, on n’a pas besoin d’ennemis", a lancé Donald Tusk.

"Quand on regarde les dernières décisions du président Trump, on pourrait même se dire qu’avec de tels amis, on n’a pas besoin d’ennemis."
donald tusk
président du conseil européen

Les Européens, unis, ont réitéré leur volonté de sauver l’accord nucléaire avec l’Iran, en dépit du retrait des Etats-Unis et des menaces de sanctions. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, parties à l’accord, ont informé les autres États.

Les intérêts des entreprises européennes en Iran sont conséquents, contrairement à celles des Etats-Unis. C’est le cas de Total, le premier groupe européen à conclure un contrat avec l’Iran, d’une valeur de cinq milliards de dollars. Les dirigeants ont discuté des options pour éviter les sanctions.

Pour les Vingt-Huit, l’heure n’est pas à la complaisance envers les Etats-Unis, en particulier depuis l’inauguration de leur ambassade à Jérusalem sur fond de bain de sang à Gaza.

Gagnant-perdant

Dans un contexte où les Etats-Unis font cavalier seul, le Premier ministre Charles Michel a plaidé pour "un dialogue avec la Russie et la Chine", rappelant qu’il fut "un des premiers leaders européens à condamner la décision de déménager l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem", dit une source proche de la chancellerie.

Le Premier ministre belge a déploré devant ses pairs "l’affaiblissement du multilatéralisme au profit du bilatéral dans lequel Donald Trump instaure un rapport de force gagnant-perdant", poursuit cette source.

Dans les faits, on voit mal comment l’Union européenne pourrait arrêter la course folle et solitaire de Donald Trump. Cette impuissance est visible sur la question de Gaza, où les dirigeants européens ont lancé des "appels à la retenue" sans infléchir d’une once la résolution du gouvernement Netanyahu.

Pourtant, l’Union européenne est le premier partenaire commercial d’Israël, "mais elle laisse toute la place aux Etats-Unis", dit cette source.

Les Vingt-Huit ont aussi abordé la question des droits de douanes que les Etats-Unis veulent imposer sur les exportations d’acier (25%) et d’aluminium (10%) et dont les pays de l’UE sont exemptés jusqu’au 31 mai. Les leaders européens sont désunis quant à la réponse à adresser à Washington. Certains sont prêts à conclure un accord avec les Etats-Unis, d’autres à accepter des quotas.

Une liste de contre-mesures sur des produits américains emblématiques (jeans, bourbon, motos) devrait paraître ce jeudi au Journal officiel. Pour être mises en œuvre, elles devront encore être notifiées à l’Organisation mondiale du commerce.

Rajoy absent

Ce jeudi, les dirigeants de l’UE rencontrent leurs homologues des six pays des Balkans candidats à entrer dans la grande famille européenne (Serbie, Montenegro, Bosnie, Macédoine, Kosovo et Albanie). Ces Etats attendent des garanties sur l’élargissement, le Kosovo et l’Albanie étant les moins bien placés pour en obtenir. Les Européens, quant à eux, veulent s’assurer que ces pays de l’ex-URSS ne retombent pas dans le giron de Moscou.

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, présent au dîner, sera absent du sommet. L’Espagne est un des cinq pays européens à ne pas reconnaître le Kosovo. Pour Rajoy, la situation est d’autant plus sensible qu’il est confronté à des indépendantistes catalans qui voient l’indépendance du Kosovo comme un modèle.

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