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analyse

Face aux provocations italiennes, la France sort de ses gonds

©Photo News

Le contentieux ne cesse de s'aggraver entre les deux pays sur fond de gilets jaunes et de scrutin européen.

Par son ampleur, la crise est inédite entre deux pays de l'Union européenne. Face depuis quelque temps aux "déclarations outrancières" et aux "attaques sans fondement" de la part de différents responsables italiens, la France a fini ce jeudi par sortir de ses gonds et rappeler son ambassadeur à Rome.

Christian Masset, l’ambassadeur, est considéré, selon une bonne source diplomatique contactée par l'Echo, comme "un excellent connaisseur des affaires européennes, longtemps en poste à Bruxelles à la représentation française auprès de l’Union européenne. C’est un homme très habile, très mesuré, très compétent et très humain. Il a dû faire tout son possible pour élaborer une solution avant d’en arriver là".

Il faut remonter au mois d'août 2017 pour retrouver une situation comparable lorsque la Hongrie avait rappelé son ambassadeur aux Pays-Bas.

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères français n'a guère fait dans la nuance en estimant que cette crise ouverte entre la péninsule et l'hexagone était sans précédent depuis la guerre.

Le 21 janvier déjà, le ministère des Affaires étrangères français avait convoqué l'ambassadrice d'Italie à Paris après les propos de Luigi di Maio (vice-président du Conseil italien, chef de file du mouvement 5 étoiles) accusant la France "d'appauvrir l'Afrique" et d'aggraver par voie de conséquence la crise migratoire.

Matteo Salvini cherche à calmer le jeu

La toute dernière  provocation italienne a eu lieu en début de semaine après une rencontre en France entre Luigi Di Maio et certains gilets jaunes. Une autre est d'ailleurs attendue à Rome "dans les prochaines semaines".

La crise peut-elle dégénérer jusqu'à une rupture des relations diplomatiques? Hier, le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini a en tout cas tenté de calmer le jeu, faisant savoir dans un communiqué qu'il serait "heureux" de rencontrer le président français Emmanuel Macron afin de "tourner la page". Le même qui avait dit le 22 janvier "espérer" que le peuple français se libérerait bientôt d'un "très mauvais président".

C'est depuis l'apparition du nouveau gouvernement italien en juin 2018, composé du Mouvement 5 étoiles (M5S) et de la Ligue (Lega) que les relations bilatérales n'ont cessé de se détériorer sur fond d'antagonisme ouvert avec Emmanuel Macron, notamment pour ses positions en faveur d'une Europe allant de l'avant. Du reste, Paris a rappelé hier que "la campagne pour les élections européennes ne saurait justifier le manque de respect de chaque peuple ou de sa démocratie".

La liste des sujets de discorde est longue puisque l'Italie estime, après l'extradition de Cesare Battisti depuis la Bolivie, que 14 "terroristes" du même acabit ont trouvé refuge en France et presse la France de leur livrer. Tout semble bon pour jeter de l'huile sur le feu ces derniers temps à commencer par la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin dont Luigi Di Maio a juré le 3 février qu'elle ne se ferait pas.

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