Fin des rabais européens pour Londres?

Le commissaire européen au Budget verrait bien la fin des réductions accordées à la Grande-Bretagne depuis l'ère Thatcher. Mais le Premier ministre britannique David Cameron acceptera-t-il de ne plus voir "the money back"?

(AFP) - Le commissaire européen au Budget a remis en cause lundi le rabais accordé depuis les années 1980 à la Grande-Bretagne sur sa contribution financière à l'UE, alors qu'un débat difficile a débuté sur le futur budget des 27.

"Le rabais pour la Grande-Bretagne a perdu sa justification originelle", a déclaré le Polonais Janusz Lewandowski au quotidien allemand Handelsblatt.

Ce rabais, également appelé "chèque britannique", avait été décidé en 1984 à la demande du Premier ministre britannique de l'époque, Margaret Thatcher, auteur sur le sujet d'une sortie restée célèbre: "I want my money back" ("Je veux qu'on me rende mon argent").

Il s'élève actuellement à environ 3 milliards d'euros par an, contre 6 milliards d'euros au début.

La "Dame de fer" avait justifié cette remise en faisant valoir qu'une grande proportion du budget européen (à l'époque les trois quarts environ) était consacrée à la Politique agricole commune (PAC), dont la Grande-Bretagne est moins bénéficiaire que d'autres Etats comme la France par exemple.

Mme Thatcher avait aussi argué que son pays était moins riche que l'Allemagne ou la France.

Mais depuis, la donne a partiellement changé puisque la part de la PAC dans le budget de l'UE est tombée à environ 40% pour le budget en cours qui s'achève fin 2013. En outre, le Produit intérieur brut (PIB) de la Grande-Bretagne a progressé.

Le porte-parole du commissaire européen au Budget, Patrizio Fiorilli, a tenté devant la presse de minimiser la portée des propos de M. Lewandowski en soulignant qu'il n'avait pas demandé la suppression du chèque britannique mais seulement souligné qu'il fallait réexaminer la situation.

Il a aussi rappelé que la Commission européenne avait reçu mandat de réexaminer tous les aspects du budget de l'UE pour la préparation du prochain qui doit débuter en 2014, "y compris l'agriculture et le rabais britannique".

Ces deux questions - baisse des subventions agricoles directes et baisse du chèque britannique - seront au centre des tractations sur le prochain budget de l'UE (2014-2020) qui devraient entrer dans le vif du sujet l'an prochain avec des propositions chiffrées de la Commission.

Les discussions avec le gouvernement britannique du conservateur David Cameron, peu enclin à lâcher du lest sur le rabais, s'annoncent ardues.

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