France: Macron annonce un couvre-feu dans huit grandes villes

Le président français Emmanuel Macron ©AFP

Au vu de l'aggravation de l'épidémie, Emmanuel Macron s'est livré au cours d'une interview télévisée, ce mercredi soir, à un exercice d'équilibriste visant à serrer la vis sans remettre l'économie en mode "pause".

"Electrochoc", "mobilisation générale", "couvre-feu". Toute la journée les Français ont retenu leur souffle. A chaque fois que le président français s'est exprimé dernièrement c'était, il est vrai, à l'occasion d'événements: confinement et déconfinement en particulier. Ce mercredi soir, Emmanuel Macron n'a pas dérogé à la règle. Mais s'il a estimé qu'un reconfinement serait cette fois «disproportionné», le président français a confirmé qu'un couvre-feu s'appliquerait à la région Ile-de-France et à huit métropoles: Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Rouen, Toulouse, Montpellier. Entre 21h et 6h du matin, et ce à partir de samedi à minuit, pendant 4 semaines. "Nous irons devant le Parlement pour le prolonger jusqu'au 1er décembre. Six semaines, c'est le temps qui nous paraît utile", a détaillé Emmanuel Macron.

L'exécutif est de plus en plus montré du doigt pour sa communication brouillonne et sa gestion de l'épidémie.

Pour contrebalancer cette mesure très stricte, le président s'est toutefois refusé à freiner l'offre de transports, les déplacements entre région tablant davantage sur le sens civique des Français pour réduire leurs "contacts inutiles, les plus festifs, en continuant à avoir une vie sociale". Sans vouloir "donner de leçons aux jeunes", il leur a recommandé de ne pas se rassembler, sachant que la règle du moins de 6 personnes devient la règle, y compris dans le domaine privé. Enfin, Emmanuel Macron ne s'est pas non plus prononcé sur une loi nationale sur le télétravail qui, bien qu'encouragé, tend aussi à "réisoler les gens", a-t-il indiqué.

Manque d'anticipation

Créer un sursaut sans affoler. Tirer la sonnette d'alarme tout en rassurant. Emmanuel Macron s'est livré à cet exercice complexe. Il est vrai qu'au cours des derniers jours, Jean Castex avait beau distiller des messages alarmistes, peu d'entre eux faisaient mouche. De surcroît, l'exécutif est de plus en plus montré du doigt pour sa communication brouillonne et sa gestion de l'épidémie.

Publié mardi, le rapport d'étape de la mission dirigée par l'infectiologue et épidémiologiste Didier Pittet, à ce sujet, a mis en lumière le manque d'anticipation du gouvernement. Disponibilité des masques, déploiement des tests, coordination entre les différents acteurs et déclin de la priorité accordée à la prévention ont constitué autant de points faibles lors des prises de décisions des derniers mois selon ces chercheurs.

Aides pour les indépendants

Reste qu'Emmanuel Macron ne pensait sans doute pas être rattrapé si vite par la reprise de l'épidémie. Ni d'avoir à réendosser "le visage de la crise" auprès des Français. En lieu et place, le président, déjà dans la course des présidentielles de 2022, aurait préféré s'attarder sur le plan de relance ou le projet de loi en vue de renforcer la laïcité. D'où ce ton relativement balancé qui en aucun cas ne vise à infantiliser ou culpabiliser les Français.

"Nous allons mettre en place des dispositifs supplémentaires, car je ne veux pas que nos TPE et PME tombent en faillite à cause de ce couvre-feu comme à cause du confinement."
Emmanuel Macron

Et surtout la volonté de rassurer tous les acteurs des secteurs économiques déjà fortement éprouvés. "Nous aurons des dispositifs de soutien supplémentaires". D'abord concernant les théâtres et cinémas: "On va essayer d'aider au maximum les théâtres et cinémas à pouvoir avoir des reprogrammations plus tôt". Puis à l'égard des indépendants. "Nous allons mettre en place des dispositifs supplémentaires, car je ne veux pas que ceux-ci ni nos TPE, PME tombent en faillite à cause de ce couvre-feu comme à cause du confinement", ajoute-t-il. Pour l'heure la deuxième vague est présente presque partout en Europe. "Emmanuel Macron peut donc se prévaloir du fait qu'il n'y a pas de défaite purement française face au virus", soulignait l'éditorialiste Nicolas Beytout. Mais qu'en sera-t-il de la suite? 

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