Galileo est parti

©AFP

Une fusée russe Soyouz a décollé de Guyane française pour la première fois de son histoire, emportant à son bord les deux premiers satellites de Galileo, projet européen concurrent du GPS américain.

Malgré la pluie s'abattant sur le pas de tir de Sinnamary, commune voisine de Kourou, le portique mobile haut de 53 mètres protégeant le mythique lanceur russe Soyouz l'a libéré vers 06H30 heure locale.

Puis les puissants moteurs de Soyouz se sont allumés comme prévu une heure plus tard, embrasant d'une vive lueur jaune les sombres nuages bas sous les applaudissements des nombreux journalistes et employés du Centre spatial guyanais (CSG) venus assister à cette première historique.

Environ deux minutes plus tard, la fusée s'est séparée des quatre propulseurs qui constituent son premier étage, poursuivant sa course vers l'espace.

Moins de dix minutes après le décollage, le troisième étage du lanceur s'est décroché de l'étage supérieur "Fregat" qui renferme les deux satellites.
"Fregat" a alors allumé son propre moteur, pour venir placer les satellites en orbite, à plus de 23.000 km d'altitude.

"Nous allons survoler l'Asie, l'Indonésie, l'Océan indien et dans un peu plus de trois heures, alors que nous serons au sud de l'Australie, "Fregat" se rallumera une deuxième fois, et un peu plus tard, si tout va bien, nous verrons la séparation" des deux satellites Galileo pour leur mise sur orbite circulaire, a expliqué PDG d'Arianespace, Jean-Yves Le Gall. Au total, cette mission, prévue initialement jeudi mais reportée de 24 heures en raison d'une vanne défectueuse, doit s'achever après 3 heures et 50 minutes de vol.

Financé à 100% par la Commission européenne et mis en oeuvre par l'Agence spatiale européenne (ESA), Galileo, qui est emporté dans l'espace par Soyouz,  assure pouvoir fournir une meilleure couverture et une meilleure précision que ses concurrents (GPS américain et GLONASS russe).

Alors que le GPS dispose de 24 satellites (dont trois de secours) à 20.200 km d'altitude, Galileo prévoit d'en aligner 30 (dont trois de secours également) à 23.222 km.

Lancer d'un seul coup les deux premiers satellites opérationnels Galileo, d'un poids de 700 kg chacun, avec une fusée Soyouz depuis ses bases habituelles de Plessetsk (Russie) ou Baïkonour (Kazakhstan) aurait été impossible.

Pour son 1.777e tir, le lanceur russe a en effet bénéficié en Guyane française d'un coup de pouce fourni par la rotation de la Terre, beaucoup plus importante à proximité de l'Equateur. Cet "effet de fronde" permet d'augmenter considérablement sa charge utile.

Afin de tirer tout le bénéfice de l'expérience et de la fiabilité éprouvée du lanceur russe, Soyouz ("Union" en russe) est opéré au CSG avec le minimum de modifications possible par rapport à sa configuration d'origine.

Le Centre national d'études spatiales (CNES) français et l'agence spatiale européenne (ESA) lui ont donc bâti un site "sur mesure" à Sinnamary, à 13 km des ensembles de lancement d'Ariane 5.

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