carte blanche

Govtech: un marché potentiel européen de 100 milliards d'euros!

CEO de Finance.Brussels

Ce marché européen visant à améliorer la relation entre les citoyens, les entreprises et les autorités publiques pourrait avoir Bruxelles pour capitale.

Plus que jamais, l’innovation et l’utilisation des technologies pour améliorer et faciliter l’interaction entre les citoyens et le secteur public constituent un must. Un must qui représente un marché potentiel de près de 100 milliards d’euros et dont Bruxelles, capitale de l’Europe, pourrait devenir la capitale.

Les Govtech ("government techonologies") visent à améliorer la relation entre les citoyens et les entreprises, d’une part, et les autorités publiques, d’autre part. Les innovations technologiques de ce secteur facilitent et modernisent les démarches administratives, le paiement des impôts, le renouvèlement de licences, les demandes de permis, etc. Les Govtech participent également au développement des villes intelligentes, à la facilitation de l’éducation en ligne…

Technologie et citoyenneté

Dans le cadre de leur relation avec les citoyens et les entreprises, les autorités publiques peuvent aussi utiliser les outils numériques en vue de sonder la population sur ses besoins et ses aspirations. Ainsi, le développement de la technologie en matière de démocratie participative permet de repenser la citoyenneté.

"Profitant d’une position unique en Europe, Bruxelles est une région cosmopolite intéressante pour ce secteur émergent dont la croissance s’accélère."

Par ailleurs, la lutte contre la pandémie liée au Covid-19 a remis au centre du débat les conditions d’accès, en ce compris virtuelles, à des services essentiels depuis son domicile, l’éducation, l’interaction digitale entre les citoyens et leurs administrations

Data intelligente

A ceci, s’ajoute le sous-groupe "Reg Tech". Les entreprises naviguent aujourd’hui dans un environnement submergé de données et dans un contexte fortement règlementé. Les Reg Tech sont l’ensemble des technologies qui permettent de répondre efficacement aux exigences de conformité légale. Elles aident donc les entreprises à s’éloigner du "big data", pour se rapprocher du "smart data", c’est-à-dire dans ce cas, l’exploitation intelligente des données qui leur sont demandées par les autorités.

Incontournable Bruxelles

Profitant d’une position unique en Europe, Bruxelles est une région cosmopolite, hautement paradoxale… et terriblement intéressante pour ce secteur émergent dont la croissance s’accélère.

"Pour Bruxelles, il existe une série d’opportunités dans ce marché gigantesque que constituent les Govtech."

Siège de la Commission, du Conseil et du Parlement européen, Bruxelles est le véritable centre nerveux de l’Europe et d’une série d’institutions internationales. Se situant au cœur d’un marché de 500 millions de consommateurs européens (435 quand les Britanniques se seront effectivement "brexités"), c’est aujourd’hui un pôle incontournable pour les lobbyistes (jusqu’à 20.000), les associations internationales (plus de 2.000) et les correspondants de presse (environ 1.000). Les bureaux d’avocats et autres sociétés de relations publiques y trouvent également une plateforme-clé, comme l’OTAN, l’UEO et le Benelux, qui y ont établi leurs sièges respectifs.

Halle civique

Il existe une série d’opportunités dans ce marché gigantesque que constituent les Govtech. Aux États-Unis, l’opportunité a été saisie en créant le "Civic Hall" à New York. En 2018, Paris s’est inspiré de ce projet et a inauguré "La Halle civique". Dans les deux cas, il s’agit d’un espace unique en son genre, dédié à l’ensemble des acteurs de la participation citoyenne et de l’innovation démocratique.

435
millions
C'est le marché que représente l'Europe dont Bruxelels est la capitale

Ces initiatives devraient nous encourager à créer un Civic Hall / Govtech Hall, soit une forme d’accélérateurs sur les grandes thématiques de la Govtech au cœur de l’Europe. Il y a eu quelques tentatives en la matière, mais elles n’ont pas vu le jour, car elles manquaient d’ambition et de soutien. Pourtant nous disposons de quelques pépites en matière de Govtech /Civitech / Regtech telles que CitizenLab, Tax On Web,  Collibra…   

Dans un rapport de la société PUBLIC sur l’état des lieux et les perspectives de la Govtech en France, Marie-Barbe Girard et Gabriel Fonlladosa suggèrent une quinzaine de pistes pour accélérer le développement des Govtech. Ils évoquent notamment l’intérêt d’encourager les entreprises publiques à nouer des partenariats fructueux avec des start-up pour faire foisonner la co-innovation. Ils suggèrent également que les acteurs publics soient fortement encouragés à devenir les orchestrateurs, les acheteurs, les investisseurs, les facilitateurs et les laboratoires de la Govtech.

Saisir cette opportunité

Nous disposons d’idées, d’atouts et de talents uniques pour nous distinguer sur la carte du monde en la matière. Nous devons jouer en première League. C’est pourquoi, il est utile que les grandes entreprises et les start-ups démontrent plus d’intérêts pour ce secteur créateur de valeurs et d’emplois. Je suis persuadé que le politique pourra saisir la balle au bond pour que ces opportunités dopent notre relance. La preuve, dans le cadre de son initiative Get up Wallonia, la Wallonie a lancé mi-novembre une large consultation des citoyens wallons en faisant appel à la Civictech FluiCity. De même, le Ministre David Clarinval (Ministre des Classes moyennes, des Indépendants, des PME, de l'Agriculture, des Réformes institutionnelles) a récemment annoncé un projet de consultation fédéral en 2021 via un système de plateforme électronique.

"Je suis persuadé que le politique pourra saisir la balle au bond pour que ces opportunités dopent notre relance."

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