Grèce: rien de bon dans les dernières stats

Recul de 1,5% du PIB, hausse du chômage. Les derniers chiffres en provenance de Grèce font planer de nouveaux doutes sur la santé de l'économie de la Grèce.

Le produit intérieur brut (PIB) de la Grèce s'est contracté de 1,5% au deuxième trimestre par rapport aux trois premiers mois de l'année, une baisse plus marquée qu'attendu, et le taux de chômage est monté à 12%, signes d'une économie qui souffre des mesures d'austérité engagées pour sortir le pays de sa crise budgétaire.

En rythme annuel, la baisse de l'activité économique a atteint 3,5% sur avril-juin, contre -2,3% au premier trimestre montrent également les statistiques officielles publiées jeudi.  Les économistes et analystes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une baisse de 1,0% du PIB d'un trimestre sur l'autre et de 3,3% en rythme annuel.

"Les plus fortes retombées des mesures budgétaires drastiques sur la consommation des ménages sont encore à venir", prévient Giada Giani, économiste chez Citigroup.   "Nous anticipons une contraction de l'économie pour le reste de l'année, avec en moyenne une baisse d'environ 3,5% du PIB en 2010."

ÉCONOMIE TOUJOURS FRAGILE
Jusqu'ici, la Grèce a affiché une forte volonté politique pour mettre en place des réformes structurelles. Le gouvernement est en passe d'atteindre ses objectifs de réduction du déficit à 8,1% du PIB contre 13,6% l'année dernière, s'efforçant ainsi de convaincre les marchés que les dépenses seraient désormais maîtrisées.

Au premier semestre, le plan de rigueur a permis de réduire le déficit budgétaire de 45%, un effort salué par les pays de la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) qui ont accordé à la Grèce une aide de 110 milliards d'euros en mai, afin d'éviter une propagation de cette crise budgétaire à d'autres pays de la zone euro.   Mais l'économie grecque demeure toutefois très fragile, et souffrirait particulièrement si la contraction venait à dépasser les 4% prévu cette année par le gouvernement.

"La baisse de l'investissement et la forte réduction des dépenses publiques ont contribué à la chute du PIB", déclare l'institut national des statistiques (Elstat) dans un communiqué.  

Signe d'une économie fragile, Elstat a parallèlement annoncé que le taux de chômage avait atteint 12% en mai en Grèce, contre 8,5% un an plus tôt, ce qui marque la plus forte hausse jamais enregistrée sur un an. L'UE et le FMI prévoient en outre que le marché de l'emploi devrait continuer à se détériorer et le taux de chômage pourrait atteindre 15% dans les deux prochaines années.  

En avril, le taux de chômage était de 11,9%, à comparer à une moyenne de 10% dans la zone euro.
"Les chiffres de l'emploi en mai, qui montrent une forte hausse du chômage, signifient que le second semestre de l'année sera encore très difficile pour l'économie grecque et en particulier pour les ménages", explique Diego Iscaro, économiste chez IHS Global insight.

Selon la dernière étude de la confédération des ventes au détail ESEE, environ un cinquième des petits magasins du centre d'Athènes ont baissé le rideau à cause de la crise.
Seules les exportations nettes, en amélioration grâce à un euro plus faible et à la reprise de l'économie mondiale, offrent des perspectives plus positives.
L'économie grecque représente environ 240 milliards d'euros, soit 2,5% du PIB global de la zone euro.

FINANCEMENT ONÉREUX
Les inquiétudes suscitées par l'impact du plan de rigueur sur l'économie grecque encouragent toujours le maintien de prix de financement extrêmement élevés pour la Grèce, la différence de rendement exigé par les investisseurs entre les obligations grecques à 10 ans et les Bunds allemands s'établissant à environ 8 points de pourcentage. 

Les CDS grecs ont augmenté de 32 points de base (pdb) à 795 pdb jeudi, après publication du PIB.

Cela signifie que le coût de l'assurance à l'exposition des 10 milliards d'euros d'obligations grecques s'élève désormais à 795.000 d'euros par an.

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