Günther Oettinger: "Nous sommes à un moment décisif des négociations du budget européen"

Le commissaire européen au Budget Günther Oettinger ©REUTERS

Le commissaire allemand Günther Oettinger, sur le départ, veut mettre la pression jusqu’au bout sur les États européens pour faire aboutir les négociations sur le budget.

Au Berlaymont, les cabinets des commissaires européens ont déjà fait leurs cartons, le mandat de la Commission Juncker s’achevant en principe le 1er décembre. Tous, sauf celui de Günther Oettinger. Le commissaire au Budget veut livrer bataille jusqu’au bout pour faire avancer la négociation du Cadre financier pluriannuel (CFP), le budget 2021-2027 de l’UE.

Le CFP est dans l’impasse, la Commission, les 27 États de l’UE et le Parlement ne s’entendant ni sur le montant, ni sur les dépenses. Les désaccords sont tels qu’il y a peu de chance de voir aboutir les négociations d’ici la fin 2020. Le sommet européen de mi-décembre, le dernier de l’année, sera toutefois une chance de faire avancer les travaux.

Mardi prochain, le Conseil affaires générales, l’instance chargée de préparer les sommets, abordera la question. La réunion sera cruciale pour donner une impulsion aux chefs d’État et de gouvernement.

"Nous sommes à un moment décisif des négociations budgétaires."
günther Oettinger
commissaire européen au budget

Günther Oettinger nous reçoit pour faire le point. "Nous sommes à un moment décisif des négociations du budget européen", dit le commissaire allemand, pour qui la réunion sera "des plus importantes". Il espère "un accord partiel en trilogue (les trois institutions) pour la fin de l’année".

La Commission propose un budget de 1.279 milliards d’euros sur sept ans, ce qui correspond à 1,14% du PIB des 27 États de l’UE. Le Conseil européen propose 1% du PIB et le Parlement, plus ambitieux, 1,3%. La présidence finlandaise de l’UE est occupée à rédiger une proposition intermédiaire pour mi-décembre.

Selon la Commission, une hausse des contributions nationales d’un tiers permettrait de compenser l’augmentation du budget par rapport à la période précédente (2014-2020). Pour rappel, cette augmentation est due à trois facteurs, le Brexit, le développement de nouvelles politiques et l’inflation qui représente la plus grande part (62,5%).

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Fin des rabais

60%
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La part de la politique agricole commune (PAC) et des fonds de cohésion dans le budget a reculé, pour en représenter 60% contre 80% en 1999.

La Commission propose de mettre fin aux rabais octroyés aux États comme la France, l’Italie, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Autriche, la Suède et le Danemark. Ces États, contributeurs nets, n’apprécient guère. Tous bénéficient de cette politique créée pour le Royaume-Uni sous l’ère de Margaret Thatcher pour compenser le fait que le pays avait peu d’agriculture tout en contribuant fortement au budget de l’UE. "I want my money back" avait scandé la Dame de fer. "Il serait normal, si le Royaume-Uni s’en va, que les autres États cessent d’en bénéficier", dit le commissaire.

La part de la politique agricole commune (PAC) et des fonds de cohésion dans le budget a reculé, pour en représenter 60% contre 80% en 1999. Aujourd’hui, l’UE soutien des nouvelles politiques, comme le programme satellite Galileo, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), un renforcement de la protection des frontières.

Certains pays, comme l’Allemagne, souhaitent réduire la PAC pour donner de l’oxygène au budget. Günther Oettinger, lui plaide pour "une évolution, pas une révolution" de la PAC.

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