Guy Verhofstadt ne pilotera pas la Conférence sur l'avenir de l'Europe

C'est une promesse qu'avait pourtant reçu Guy Verhofstadt de la part d'Emmanuel Macron. ©REUTERS

Selon une déclaration approuvée ce jeudi par le Parlement européen, l'exercice de réforme de l'UE, qui risque de perdre en ambition, sera piloté par un triumvirat et un comité exécutif composé de neuf membres.

Bloquée depuis plusieurs mois par des tractations entre les institutions européennes, la Conférence sur l'avenir de l'Europe est enfin sur les rails. Les dirigeants des groupes politiques du Parlement ont approuvé jeudi la déclaration commune qui fixe un cadre à l'exercice de réforme de l'Union européenne par le biais d'une consultation des citoyens européens. Jusqu'à la dernière minute, le suspens a pesé sur cette approbation en raison d'un désaccord sur sa présidence.

Après les élections de 2019, lors de l'attribution des principaux postes au top des institutions européennes, le libéral Guy Verhofstadt (Renew Europe (RE), Open VLD) avait reçu la promesse officieuse du président français Emmanuel Macron (RE, LREM) de présider la Conférence sur l'avenir de l'Europe. Mais l'idée a déplu à plusieurs dirigeants européens, craignant que l'ancien Premier ministre belge donne une impulsion trop fédéraliste au projet. Ce dernier avait un temps reçu le soutien du Parlement, mais le Conseil européen avait tenté d'imposer une personnalité plus neutre à la présidence.

Triumvirat présidentiel

Le Parlement a fini par se rallier à une proposition de compromis de la présidence portugaise de l'UE, adoptée mercredi dernier par les 27 ambassadeurs des États membres. Ce compromis met à la tête de la Conférence un triumvirat composé des présidents de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, du Parlement, David Sassoli et la présidence tournante de l'UE. En pratique, un comité exécutif de neuf membres, trois par institution, dirigera l'exercice. Les trois grands groupes politiques du Parlement européen participeront à ce comité, par contre les autres partis seront relégués à un rôle d'observateur.

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Un comité exécutif de neuf membres, trois par institution, dirigera la Conférence sur l'avenir de l'Europe.

Exit, donc Guy Verhofstadt. "Il pourrait prendre la présidence du groupe représentant le Parlement européen", suggère une source proche du dossier. Mais l'intéressé n'en a manifesté aucune envie. Le Parlement aurait cédé en échange de plusieurs garanties, telles que l'implication des jeunes, la création d'agoras citoyennes et la consultation la plus large possible de la société civile. Par ailleurs, la déclaration n'exclut plus d'aboutir à une réforme des Traités, les plus ambitieux souhaitant élargir les compétences de l'UE en matière de santé ou introduire les listes transnationales lors des élections européennes.

Les trois présidents composant le triumvirat devraient signer cette déclaration dans le courant de la semaine prochaine. Le coup d'envoi de la conférence sera donné le 9 mai au Parlement européen.

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