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Hera, l'Autorité européenne de la santé, aura accès à des fonds de 50 milliards d'euros

Le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, et la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, lors de la présentation de l'Hera. ©AFP

La Commission européenne a dévoilé ce jeudi la structure d'Hera, l'Autorité européenne de la santé. La "pièce manquante de l'Union de la santé" pourra compter sur des fonds de 50 milliards d'euros pour protéger l'Europe des crises sanitaires futures.

Un an et demi après le début de la pandémie, la Commission européenne a dévoilé ce jeudi les contours d'Hera (Health Emergency Response Authority), l'Autorité européenne de la santé, chargée de prévenir, détecter et réagir rapidement aux menaces sanitaires. Cette autorité, une entité interne à la Commission, sera mise en place début octobre et opérationnelle en 2022. Elle nécessitera également l'adoption d'un règlement, et donc l'aval des États membres, définissant ce qu'est une situation de crise sanitaire.

"Hera est la pièce manquante de l'Union européenne de la santé", a résumé le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, "elle a une mission claire: garantir la disponibilité, l'accès et la distribution de contre-mesures médicales dans l'Union".

6
milliards €
Avec un budget propre de 6 milliards d'euros et l'accès à plusieurs fonds européens et nationaux, Hera pourra compter sur un soutien total d'environ 50 milliards d'euros.

Hera sera dotée d'un budget propre de 6 milliards d'euros. Elle pourra également compter sur des fonds provenant de différents budgets européens et nationaux à concurrence de 50 milliards d'euros, comme annoncé mercredi par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen lors de son discours sur l'état de l'Union.

"L'Autorité de la santé pourra compter sur un soutien de 50 milliards d'euros", confirme un haut fonctionnaire européen. "Une partie des fonds sera utilisée pour détecter d'éventuelles menaces. Si une menace est détectée, il faudra investir dans des recherches ou encore dans la constitution de stocks d'équipements et de médicaments." En temps de crise, ce montant pourra être relevé.

Compléter l'Union de la santé

"En temps de paix, l'Hera sera en mode préparation. En temps de crise, elle déploiera les mesures médicales nécessaires."
Margaritis Schinas
Vice-président de la Commission européenne

Lors de la pandémie, de nombreux pays européens se sont trouvés à court d'équipements médicaux appropriés, certains États refusant de jouer la solidarité européenne. Tirant les leçons de ces difficultés initiales, la Commission veut combler un "vide" dans le dispositif sanitaire européen.

"Hera disposera de l'influence et du budget nécessaires pour collaborer avec l'industrie, les experts médicaux, les chercheurs et nos partenaires mondiaux afin de veiller à ce que des équipements, des médicaments et des vaccins essentiels soient rapidement disponibles en cas de besoin", poursuit Margaritis Schinas.

Cette autorité ne sera pas une nouvelle agence, mais un service interne de la Commission européenne qui complétera l'action de l'Agence européenne du médicament (EMA) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). L'une de ses missions sera de renforcer la coordination entre les États membres en lien avec l'industrie pharmaceutique, pour les problèmes de pénuries et de dépendance mis en évidence par la pandémie de Covid-19.

"Avec l'Hera, on apporte un élément nouveau, la capacité d'anticiper, de préparer et de pouvoir donner l'alerte avant que la crise ne frappe."
Margaritis Schinas
Vice-président de la Commission européenne

"L'ECDC et l'EMA gèrent quelque chose qui existe déjà. Avec l'Hera, on apporte un élément nouveau, la capacité d'anticiper, de préparer et de pouvoir donner l'alerte avant que la crise ne frappe", résume le vice-président Schinas. L'autorité fonctionnera à deux niveaux. "En temps de paix, l'Hera sera en mode préparation. En temps de crise, elle déploiera les mesures médicales nécessaires", poursuit-il.

"L'Hera pourra acheter, elle pourra distribuer, ce que l'EMA ne peut faire", précise la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides.

"Une coquille vide"

La proposition de règlement fixant le cadre d'action d'Hera doit encore être avalisée par les États européens. Le Parlement, de son côté, n'apprécie guère d'être tenu à l'écart du projet. Pour certains députés européens, l'Hera aura un rôle moins important que prévu initialement.

"Cette autorité ne doit pas être une coquille vide, ni un simple comité de réaction à la main de la Commission et des États membres."
Nathalie Colin-Oesterlé
Eurodéputée française (PPE)

"Alors qu’Ursula von der Leyen souhaitait - dans son discours sur l’état de l’Union en 2020 - créer une véritable agence pour la recherche et le développement, le même discours en 2021 ne parle que d’une autorité européenne de préparation et d’intervention en cas d’urgence sanitaire", a réagi l'eurodéputée Nathalie Colin-Oesterlé (PPE), rapporteure d'un texte sur les pénuries de médicaments. "Cette autorité ne doit pas être une coquille vide, ni être un simple comité de réaction à la main de la Commission et des États membres."

La députée européenne déplore que l'Hera soit dotée d'un budget inférieur à celui de la puissante agence biomédicale américaine (Barda).

"C'est une question de vitesse. Si on avait décidé de créer une nouvelle agence, nous aurions dû négocier avec les États membres, ce qui prend du temps surtout pour le budget", dit un haut fonctionnaire européen, "si on en fait une entité interne à la Commission, on peut mobiliser les ressources du budget à long terme".

La Commission européenne a rappelé jeudi que le Parlement européen disposerait d'un siège d'observateur au sein du conseil d'administration de l'Hera.

Le résumé

  • La Commission européenne a lancé ce jeudi l'Hera, l'Autorité européenne de la santé en vue de détecter et réagir rapidement face aux menaces sanitaires.
  • Au total, Hera pourra s'appuyer sur des fonds de 50 milliards d'euros selon la Commission.
  • L'Autorité européenne de la santé entrera en fonction début octobre.
  • Mais elle nécessite aussi l'adoption d'un règlement définissant son cadre d'action en cas de crise.
  • De nombreux députés européens se disent exclus du processus.

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