Hollande: combattre le "pessimisme"

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Dans son interview du 14 juillet accor(dée à TF1 et France 2, le président français s'attache à combattre le "pessimisme" de ses concitoyens. Et demande à la majorité de rester unie et soudée à ses côtés pour faire "réussir la France" à travers les réformes et les échances électorales à venir.

Le président français, François Hollande, s'est attaché à combattre le "pessimisme" de ses concitoyens dimanche sur TF1 et France 2, promettant une reprise économique dans les prochains mois. Il a néanmoins laissé la porte ouverte à de nouvelles hausses d'impôts.

Dans les jardins de l'Elysée, le chef de l'Etat a rompu une promesse de campagne en renouant avec la traditionnelle interview télévisée. "Je me suis ravisé (...) Le 14 juillet, le 31 décembre sont des moments importants", a dit M. Hollande au terme d'un entretien d'une quarantaine de minutes.

C'est évidemment sur les fronts économique et social que François Hollande était attendu. Si des doutes subsistent jusque dans la majorité sur la ligne politique suivie, le chef de l'Etat a voulu battre en brèche "le pessimisme" qui caractérise la France par rapport à ses voisins et même à des "pays en guerre".

M. Hollande n'a pas présenté de nouvelles mesures, comptant encore sur la montée en puissance des outils mis en place depuis 2012, comme les emplois d'avenir ou les contrats de génération, pour atteindre l'objectif d'inversion de la courbe du chômage, un "engagement" qu'il a réaffirmé.

"Je me bats, je n'invente pas une mesure de plus (...) La politique, ce n'est pas de la magie, c'est une volonté, une stratégie, une cohérence", a expliqué M. Hollande, qui a réitéré sa volonté de voir réglé le problème des emplois qui ne trouvent pas preneurs.

"Dix ans"
Selon lui, la France pourra compter sur une économie qui repart à la hausse, en dépit d'une baisse du taux de croissance mondial. "La reprise, elle est là!", a assuré le président de la République, citant notamment "une production industrielle qui repart".

En mars, avril et mai, la production industrielle cumulée a, il est vrai, augmenté de 1 % par rapport aux trois mois précédents et de 0,6 % dans le seul secteur manufacturier, c'est-à-dire sans prendre en compte l'énergie et le secteur minier. "Il y a l'assurance que le second semestre sera meilleur que le premier", a fait valoir M. Hollande.

Ce timide regain de croissance bénéficiera à la France pour relever les défis qui l'attendent "dans les dix ans" avec, en premier lieu, gage aux partenaires écologistes, la "transition énergétique", ainsi que l'économie numérique.

M. Hollande s'est montré plus ambigu concernant d'éventuelles hausses des prélèvements l'année prochaine. "Vous croyez que c'est agréable, quand on arrive au pouvoir" d'augmenter les impôts?, a-t-il fait valoir. "Nous allons faire, nous avons fait des économies", a rappelé M. Hollande. "Je ne ferai d'augmentation d'impôts que si elles sont indispensables", a-t-il lâché, ajoutant: "dans l'idéal, le moins possible".

M. Hollande s'est attaché à clore définitivement la polémique sur l'exploitation du gaz de schiste, rouverte ces derniers jours au sein du gouvernement par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. "Tant que je suis président, il n'y aura pas d'exploration de gaz de schiste", a promis le chef de l'Etat. Mais, selon lui, les déclarations de M. Montebourg ne valaient pas limogeage de l'équipe gouvernementale, contrairement au sort réservé la semaine
précédente à l'ex-ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Delphine Batho.

Le chef de l'Etat a rendu hommage à son ex-ministre, une "femme de qualité qui a des convictions" mais qui s'est mise hors-jeu en contestant le budget. "Ca ne m'a pas fait plaisir mais c'est la règle", a commenté M. Hollande, en faisant valoir que "la seule ligne" à ne pas franchir, c'était "le budget". "Il n'y a pas de statut particulier" parmi les ministres, a-t-il toutefois assuré, visant le bouillant troisième homme de la primaire socialiste.

Après 16 mois de présidence marquée par de nombreux remous au sein du gouvernement et de la majorité socialiste, le chef de l'Etat a profité de l'interview du 14-Juillet pour adresser un rappel à l'ordre à ses troupes, dont la partie la plus à gauche remet en cause sa politique.

François Hollande a dit respecter la diversité des composantes de la majorité : Parti socialiste, Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Radicaux de gauche, Mouvement des citoyens. "Je respecte, mais il y a un principe : si on veut gagner, si on veut réussir, il faut être à mes côtés, il faut être soudés", a souligné
le président.

Interrogé sur un éventuel match retour en 2017 face à Nicolas Sarkozy, qui a remis cette semaine un pied dans l'arène politique, le chef de l'Etat s'est refusé à tout commentaire "sur la situation à droite". Craint-il le retour de son ancien rival? "Non". Nicolas Sarkozy "peut parfaitement être de nouveau candidat", a commenté M. Hollande. Mais, pour lui, ce n'est pas la "préoccupation" du moment.

La montée du Front national suscite en revanche chez lui une forte inquiétude. Le fait que le parti d'extrême droite se voie comme le "centre" de la vie politique française est d'une "extrême gravité", a-t-il dit.

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