"Il faudra 200 ans pour que la forêt de Sibérie revive là où le feu a tout détruit"

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Il faudra plusieurs semaines à l’armée russe pour venir à bout des feux qui ravagent la Sibérie, l’un des poumons verts de l’Europe. Les dégâts sur la santé humaine, l’écosystème et le climat sont immenses.

Les incendies de forêts en Sibérie se poursuivent, alors que le président russe Vladimir Poutine a déclaré l’urgence nationale et ordonné à l’armée de les éteindre. La situation est telle que le président des Etats-Unis Donald Trump a proposé son aide à la Russie.

"Les feux ont émis un volume de CO2 équivalent à celui de 35 millions de voitures par an."
Andrey Allakhverdov
Porte-parole de Greenpeace Russie

Des avions et des hélicoptères de l’armée russe sont occupés à larguer de l’eau pour contenir le feu. Des unités de commandos de pompiers sont parachutées dans les lieux inaccessibles. "Il faudra encore plusieurs semaines avant de venir à bout de l’incendie", selon l’ONG Greenpeace Russie, qui salue l’intervention de l’armée.

Les moyens déployés ne peuvent rien contre les fumées qui continuent à se répandre sur plusieurs villes de Russie, provoquant des malaises au sein de la population. Ces fumées, qui s’étalent sur plusieurs fuseaux horaires, ont atteint l’Oural et l’extrémité est de la Russie. Ces feux, déclenchés après un été inhabituellement chaud et sec, ont détruit plus de 3,2 millions d’hectares de forêt sibérienne, une surface supérieure à celle de la Belgique.

Impact sur le climat

"Les dégâts sont immenses et difficiles à calculer. En fait, on parvient à peine à réaliser", confie Andrey Allakhverdov, porte-parole de Greenpeace Russie en charge du combat contre les incendies. Le coût humain est conséquent. "De nombreuses personnes ont vu leur système respiratoire atteint, ce qui va entraîner d’importants coûts médicaux", poursuit-il.

L’écosystème de la forêt de Sibérie, l’un des poumons verts de l’Europe, est atteint pour une très longue période. "Il faudra 200 ans pour que la forêt revive là où le feu a tout détruit", ajoute-t-il.

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L’impact sur le climat est important. Des experts ont calculé le volume d’émission de gaz à effet de serre. "Les feux ont déjà émis un volume de 166,5 millions de tonnes de CO2, équivalent à celui de 35 millions de voitures par an", dit Andrey Allakhverdov. De nombreux animaux peuplant cette forêt ont péri, ce qui déstabilise son équilibre et entraîne un coût économique. "Le coût de la destruction des zibelines, une variété de martre très rare et protégée, est évalué à 22 milliards de roubles (300 millions d’euros)", ajoute le porte-parole.

Dans un premier temps, les autorités russes n’ont pas jugé bon d’éteindre les débuts d’incendie là où l’intervention coûterait plus cher que la perte économique de la forêt. "Les gens habitant les régions touchées étaient furieux d’entendre cet argument. C’est de leur propre vie dont il est question", résume Andrey Allakherdov. En suivant ce principe, les autorités ont refusé d’éteindre 347 feux dans le Krai de Krasnoïarsk (milieu de la Sibérie), entraînant un coût réel équivalent à 17 millions d’euros, alors qu’elles avaient estimé le coût à 828.000 euros avant de décider de ne pas intervenir.

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