"Il faut réformer l'Union avant de l'élargir" (Emmanuel Macron)

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Le président français Emmanuel Macron, très critiqué par ses partenaires lors du sommet, s’est expliqué vendredi sur le blocage pratiqué par la France sur l’élargissement.

Un succès, l’accord sur le Brexit, et trois échecs: le blocage de l’élargissement, une réaction faible à l’agression de la Turquie et le budget 2021-2027 inachevé. Tel est, en synthèse, le résultat du dernier sommet européen.

"On n’a aucune envie que l’Europe soit bloquée."
Emmanuel Macron
Président de la République française

"On n’a aucune envie que l’Europe soit bloquée", a plaidé Emmanuel Macron, vendredi après le sommet. Une heure durant, le Président français a défendu face à la presse sa décision de bloquer, la veille au dîner, la fixation d’une date pour l’ouverture des négociations d’adhésion de l’Albanie et la Macédoine du Nord à l’UE. "Il faut réformer l’Union avant de l’élargir, a-t-il dit. Si nous n’avons pas une réforme, nous ne pourrons pas faire entrer de nouveaux membres." La France était soutenue par les Pays-Bas et le Danemark.

"Une lourde erreur"

"Le processus d’adhésion doit aussi devenir réversible."
Emmanuel Macron

Pour le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, cette décision est "une lourde erreur historique" envers les pays des Balkans, qui seront soumis aux influences russe et chinoise. La chancelière allemande Angela Merkel a "déploré énormément" l’absence d’accord, évoquant la "déception" des pays des Balkans qui se sont préparés à ces négociations comme requis par l’UE. Macron a persisté, avec des arguments auxquels d’autres États, comme la Belgique, sont sensibles. "Cela n’a pas fonctionné à 28, cela ne fonctionne pas mieux à 27 et je ne suis pas sûr que cela fonctionnera très bien si on est encore plus nombreux", a insisté le président Macron.

Sans renier la possibilité que l’UE s’agrandisse, il veut d’abord "changer la nature de l’élargissement pour le rendre plus démocratique" et créer "des partenariats stratégiques" d’investissement avec les pays voisins. "Le processus d’adhésion doit aussi devenir réversible" a-t-il dit. Le débat reprendra en 2020, lors d’un sommet de printemps à Zagreb.

Charles Michel chargé du budget

Les discussions sur le budget à long terme (CFP) n’ont pas mené à grand-chose, tant les divergences demeurent importantes sur l’avenir de la PAC et des fonds de cohésion. "Nous avons souhaité que le futur président du Conseil Charles Michel puisse poursuivre les discussions et les mener à bien pour avoir un budget qui puisse être décidé le plus vite possible", a précisé Emmanuel Macron.

Le président Macron a aussi fustigé le récent "règlement de compte" entre les trois partis de la majorité parlementaire (PPE, S&D et Renew Europe) qui a mené à l’éviction de Sylvie Goulard et des deux autres candidats commissaires roumain et hongrois. "Il y a trois commissaires en moins. Cette dynamique de pyrolise ne peut se poursuivre, a-t-il dit.

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