"Il faut traquer le virus, pas les citoyens"

Le Parlement européen s'interroge sur le respect des libertés individuelles lors de l'utilisation des applications de traçage mobiles du coronavirus. ©Photo News

Le commissaire belge Didier Reynders a rappelé les garanties qui devront entourer l'installation des applications mobiles de traçage du Covid-19. Plusieurs députés européens se sont montrés méfiants, certains doutant qu'elle respecte les libertés fondamentales.

"Les applications ne pourront être utilisées pour une surveillance de masse", a affirmé ce jeudi Didier Reynders (MR), le commissaire à la Justice et à la Protection des consommateurs, lors d'un débat en plénière au Parlement européen sur les applications mobiles de traçage que la plupart des États de l'UE se préparent à installer dans le cadre du déconfinement.

Plusieurs députés ont réitéré leur méfiance, craignant que ces applications ne conduisent à des abus.

"Éviter le fantasme du contrôle absolu"

"Les temps de crise ne doivent jamais servir de prétexte pour revenir sur les droits fondamentaux."
Birgit Sippel
Eurodéputée S&D

Les libéraux et les socialistes ont insisté sur le respect des valeurs fondamentales. "Cette application ne pourra être utilisée que dans le cadre de la lutte contre le virus. Il faut traquer le virus, pas les citoyens", a dit l'eurodéputée Karen Melchior (Renew Europe). 

"Les temps de crise ne doivent jamais servir de prétexte pour revenir sur les droits fondamentaux", a averti la socialiste Birgit Sippel (S&D).

Les Verts et la gauche radicale sont apparus les plus méfiants. "Ceci avalise l'idée qu'on peut accoutumer la population à une incursion de plus dans la vie privée, et l'histoire montre que les autorités ne rendent pas les libertés qu'elles prennent", s'est inquiété l'écologiste français David Cormand (Verts). "Il faut à tout prix éviter le fantasme du contrôle absolu", a renchéri Alexandra Geese (Verts).

Les députés démocrates-chrétiens (PPE) ont plébiscité l'utilisation de ces applications. "C'est presque un devoir pour les institutions publiques de les mettre à la disposition des citoyens", a lancé l'élue luxembourgeoise Isabel Wiseler-Lima (PPE).

"Elles devront rester volontaires"

Dans une résolution adoptée le 17 avril, le Parlement européen a souligné que ces applications devaient être volontaires, anonymes et devaient respecter la législation européenne sur la protection de la vie privée.

Didier Reynders, le commissaire européen à la Justice et à la Protection des consommateurs, insiste sur le caractère volontaire des applications de traçage. ©AFP

Lors du débat, la Commission est apparue en ligne avec cette résolution.

"Les citoyens doivent avoir la certitude que les applications de traçage ne seront utilisées que dans le cadre de la pandémie de Covid-19", a résumé Didier Reynders, "elles devront rester volontaires". Le commissaire belge a insisté sur la nécessité d'assurer leur interopérabilité entre les États de l'UE afin qu'elles restent efficaces lors du passage des frontières.

"Les applications ne pourront être utilisées pour une surveillance de masse."
Didier Reynders
Commissaire européen à la Justice et à la Protection des consommateurs

L'exécutif européen a adopté mercredi une recommandation sur les principes à suivre par les États de l'UE pour le déploiement de ces applications. Elle préconise qu'elles soient installées sur une base "volontaire", qu'elles soient "transparentes, temporaires, sécurisées".

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