Prof assassiné en France: "Ils ne décapiteront pas la République"

Dimanche, des milliers de Français se sont rassemblés, comme ici dans le Vieux Port de Marseille, pour rendre hommage à Samuel Paty. ©AFP

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées en France, dimanche, pour rendre hommage à Samuel Paty, le professeur décapité vendredi dans les Yvelines.

Le meurtre de Samuel Paty, le professeur d'histoire-géographie décapité vendredi près de son collège à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, quelques jours après avoir présenté en classe des caricatures de Mahomet dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression, a suscité une vive émotion. Qualifié par Emmanuel Macron d'"attentat terroriste islamiste caractérisé", il a réveillé le souvenir de l'attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, dont le procès se déroule en ce moment à Paris.

Manifestations

Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Paris sur la place de la République pour rendre hommage à ce professeur. Brandissant des pancartes "Non au totalitarisme de la pensée", "Ils ne décapiteront pas la République", "Il fait sombre au pays des lumières" "Je suis musulman, je suis contre la violence, je suis pour la liberté d'expression", "Je suis enfant de prof" ou encore "je suis prof", ils ont salué dans le calme la mémoire de cet enseignant.

Certains manifestants portaient des pancartes avec des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo.

Le Premier ministre Jean Castex, la maire de Paris Anne Hidalgo, la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse et le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon se sont aussi déplacés.

Rassemblement à Conflans-Sainte-Honorine, dans la banlieue parisienne. ©REUTERS

D'autres rassemblements étaient organisés ailleurs en France. Des dizaines de milliers de personnes se sont ainsi rassemblées à Lille, Lyon, Marseille, Nice...

11 personnes en garde à vue

Le meurtrier présumé, un réfugié russe d'origine tchétchène âgé de 18 ans, a été abattu peu de temps après son attaque par des policiers. L'éventuelle implication de mouvements islamistes radicaux, notamment actifs sur les réseaux sociaux, dans la décapitation de vendredi suscite l'inquiétude des services de renseignement et du gouvernement français.

Samuel Paty a été tué après une campagne menée sur les réseaux sociaux par le père d'une élève l'accusant d'avoir "insulté" l'islam et son prophète. Abdelhakim Sefrioui, membre du conseil des imams de France, a alors apporté son soutien au père de l'élève sur Twitter. Ce militant islamiste radical figure parmi les onze personnes gardées à vue dans le cadre de l'enquête ouverte sur l'assassinat du professeur.

Le meurtre de Samuel Paty a secoué la population aux quatre coins de l'Hexagone. ©REUTERS

Onze personnes sont en garde à vue ce dimanche, dont les parents, le grand-père et le petit frère de l'assaillant, interpellés à Evreux (nord-ouest). Sont également en garde à vue, le père de l'élève qui a appelé à la mobilisation contre l'enseignant. L'homme qui l'avait accompagné au collège pour se plaindre du professeur et avait interviewé la fille de ce parent d'élève dans une vidéo, Abdelhakim Sefrioui et sa compagne le sont également. Trois personnes ayant été en contact avec l'agresseur, qui se sont présentées spontanément au commissariat d'Evreux vendredi soir, sont aussi en garde à vue.

Macron annonce des actions "concrètes"

Le président français Emmanuel Macron a décidé, dimanche, de renforcer la sécurité des établissements scolaires et la surveillance de la propagande islamiste radicale en ligne.

Le chef de l'État a ordonné des "actions concrètes" rapides contre la propagande islamiste radicale en ligne et "a demandé qu'on passe rapidement à l'action et qu'on ne laisse aucun répit à ceux qui s'organisent pour s'opposer à l'ordre républicain", a ajouté la présidence, à l'issue d'une réunion avec six ministres et le procureur anti-terroriste Jean-François Ricard.

Les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti, ont présenté "un plan d'action qui va se mettre en œuvre dès le courant de cette semaine et donnera lieu à des actions concrètes contre les structures, associations ou personnes proches des milieux radicalisés", qui propagent des appels à la haine pouvant encourager les attentats, a précisé la présidence.

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