Indigné, Monti démissionne

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Le président du Conseil italien Mario Monti a décidé d'annoncer sa démission samedi, blessé et "indigné" par les attaques du parti de Silvio Berlusconi, le Peuple de la liberté (PDL), a expliqué dimanche le Corriere della Sera.

"J'ai mûri la conviction qu'on ne pouvait pas continuer à aller ainsi de l'avant", a-t-il confié au directeur du plus grand quotidien italien, Ferrucio De Bortoli.
Selon le journal, le chef du gouvernement a été particulièrement offensé par les déclarations du secrétaire général du PDL, Angelino Alfano, lorsque ce parti a décidé de ne pas voter le texte s'attaquant aux coûts de la politique en Italie.

"Nous n'aimons pas le chemin qu'a pris notre économie", avait notamment déclaré M. Alfano. Pour M. Monti, même si ce parti s'est seulement abstenu, il s'agissait d'une véritable motion de défiance à son égard.

"Je me suis senti profondément indigné de lire ces paroles", a-t-il dit.

Le journal raconte ensuite la longue journée de Monti, d'un déplacement à Cannes pour un colloque sur la gouvernance économique, à son retour à Rome, où il a annoncé dans la soirée au président de la République Giorgio Napolitano son intention de démissionner.

Lors de ses entretiens avec ses interlocuteurs à Cannes, M. Monti a dit "avoir saisi leur consternation face à la situation italienne", a-t-il dit.

C'est sur le chemin du retour, ayant été averti de l'annonce de Silvio Berlusconi de revenir en lice, que M. Monti a décidé d'annoncer au président Giorgio Napolitano qu'il voulait remettre de manière "irrévocable" sa démission après le vote du budget d'ici la fin de l'année.

"J'ai préféré le faire maintenant, alors que les marchés étaient fermés", a-t-il dit.

Les dirigeants du centre droit "devaient avoir le courage d'arracher la prise eux-mêmes, sachant que j'aurais pu le faire moi aussi", a-t-il reproché, jugeant déloyale la manière dont le PDL a agi à son égard après l'avoir soutenu pendant un an.

M. Monti avait annoncé samedi son intention "irrévocable" de démissionner une fois approuvé le budget, en réaction au lâchage de son gouvernement par Silvio Berlusconi qui va se représenter une nouvelle fois aux suffrages des Italiens. 

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