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Italie: Enrico Letta chargé de former le gouvernement

©REUTERS

Le chef de l'Etat italien Giorgio Napolitano a finalement chargé Enrico Letta de former un gouvernement alliant centre-gauche et centre-droit pour sortir le pays d'une crise politique qui perdure depuis deux mois.

C'est le dirigeant du centre-gauche Enrico Letta qui a été désigné par le président italien Giorgio Napolitano pour former un gouvernement en Italie.

"Cela fait 60 jours que le pays attend un gouvernement. C'est une situation, très difficile, fragile, inédite, qui ne peut pas durer", a déclaré Enrico Letta, 46 ans, à la sortie de son entretien avec le président. Selon la Constitution italienne, M. Letta doit maintenant procéder à des consultations avec les forces politiques - à partir de ce jeudi, a-t-il dit - avant d'être nommé formellement chef d'un gouvernement qui pourrait être installé d'ici la fin de la semaine.

Enrico Letta a prévenu qu'il n'entendait pas former un gouvernement "à n'importe quel prix". Il a déclaré que les priorités de son action à la tête du gouvernement serait l'emploi, le soutien aux petites entreprises et une réforme des institutions. Il a jugé que l'Union européenne s'était jusqu'à présent trop concentrée sur les politiques d'austérité et qu'il fallait davantage promouvoir la croissance économique.

Enrico Letta conduisait la délégation de son parti au Quirinal, siège de la présidence. Il est par ailleurs le neveu de Gianni Letta, l'homme de confiance de Silvio Berlusconi, ce qui pourrait faciliter les passerelles entre les grandes formations politiques, même s'il n'a épargné le Cavaliere de ses critiques.

Un luxe que l'italie ne peut se permettre

Car le vieux chef d'Etat Giorgio Napolitano, réélu à la demande générale pour sortir la troisième économie de la zone euro de l'impasse, a clairement indiqué la voie à suivre: un gouvernement qui rassemble les principales composantes du Parlement, aucun parti n'ayant une majorité suffisante pour gouverner seule.

Jusqu'ici, la gauche, arrivée en tête, se refusait à un accord avec le clan de son ennemi juré, Silvio Berlusconi, préférant rechercher un accord avec le mouvement de l'ex-comédien Beppe Grillo qui lui a claqué la porte au nez à plusieurs reprises. "Un gouvernement de grande coalition est une pilule amère pour le PD", rappelle Stefano Folli, du quotidien économique Sole 24 ore.

Mais le temps presse et la nomination d'un président du Conseil, puis la formation et l'installation du gouvernement, pourrait se passer en quelques jours. "Un conflit permanent est un luxe que l'Italie ne peut pas se permettre. Il faut un gouvernement de pacification nationale", analyse Massimo Franco, éditorialiste du Corriere della sera, premier quotidien de la péninsule.

Selon l'organisation patronale Confindustria, deux mois sans gouvernement fort aurait coûté à l'Italie un point de PIB.

Le parti de Berlusconi soutiendra le gouvernement

Le Peuple de la Liberté (PDL) de Silvio Berlusconi a d'ores et déjà fait savoir qu'il soutiendrait le futur gouvernement, de même que les centristes du chef de gouvernement sortant Mario Monti.

En revanche, la Ligue du Nord, ex-alliée de Berlusconi, y sera hostile tandis que les "grillons" du Mouvement cinq étoiles (M5S) ont promis une "opposition constructive", prêts à voter les mesures qu'ils approuveront.

En tout état de cause, le programme du futur gouvernement est tracé. Tout d'abord s'atteler à l'urgence économique et sociale: le pays est plongé dans la récession et le chômage touche 11,6% de la population et plus d'un tiers des jeunes. Et réformer la politique: adopter une nouvelle loi électorale -pour une large part responsable de la crise actuelle-, réduire le nombre des parlementaires, supprimer les provinces....

Lundi, dans son discours d'investiture, Giorgio Napolitano a jugé "impardonnable" que le Parlement ne se soit pas attelé depuis des années à ces réformes dont l'absence a pour une bonne part alimenté l'hostilité viscérale aux partis traditionnels illustrée par le succès de Grillo.

De leur côté, dirigeants d'entreprise, syndicats et même l'Eglise catholique ont eux aussi pressé les politiciens de former un gouvernement.

Les marchés ont d'ailleurs bien réagi à la réélection de M. Napolitano: la Bourse de Milan a fini mardi sur un bond de 2,93% tandis que les taux d'intérêt à long terme atteignaient leur plus bas niveau depuis novembre 2010.

Mercredi matin, la Bourse a ouvert en progression de 0,71%.

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