Italie: Renzi officiellement en charge de former le gouvernement

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Le président de la République italienne a officiellement convoqué Matteo Renzi lundi à 10h30. Pressenti pour devenir le nouveau chef du gouvernement, le leader du Parti démocrate rencontre déjà des problèmes pour écrire son programme et composer son équipe, relevait ce dimanche la presse italienne.

Le chef du Parti démocrate Matteo Renzi, 39 ans, a été chargé lundi par le président de la République Giorgio Napolitano de former le nouveau gouvernement italien.

Giorgio Napolitano a reçu Matteo Renzi "auquel il a confié la charge de former le gouvernement et ce dernier a accepté avec réserve", une réserve qu'il lèvera dans les prochains jours comme le veut la tradition, a déclaré devant la presse le secrétaire général de la présidence de la République. 

Renzi a promis de mettre "toute son énergie, son enthousiasme et engagement" pour réformer l'Italie. "Je mettrai toute l'énergie et l'engagement dont je suis capable" pour mener à bien les réformes, a déclaré Renzi, en citant en priorité "les réformes institutionnelles, le travail, l'administration publique et le fisc".

Renzi a même donné un calendrier indicatif mais serré pour ces réformes, allant de février pour les réformes institutionnelles à mai pour le fisc. Il a précisé qu'après l'entrevue avec M. Napolitano il se rendrait immédiatement à Florence pour présenter sa démission au poste de maire de la ville puis il reviendra à Rome pour débuter mardi les consultations officielles avec ses alliés.

"Nous prendrons le temps nécessaire" pour mener ces consultations qui s'annoncent d'ores et déjà délicates, a-t-il ajoutéi, promettant une attention particulière "au contenu et programme" de son futur gouvernement dont il veut élargir l'horizon temporel jusqu'à la fin de la législature, prévue en 2018.

Long chemin

"Premiers obstacles pour Renzi, négociations difficiles avec Alfano" Angelino, vice-Premier ministre sortant et chef du Nouveau centre droit (NCD) qui a posé samedi ses conditions pour entrer dans le nouveau gouvernement et dont le soutien est déterminant, écrit le Corriere della Sera.

"Equipe et alliés, les noeuds de Renzi", titre La Stampa, tandis qu'Eugenio Scalfari, le fondateur du quotidien de gauche La Repubblica écrit dans son éditorial que "Matteo le séducteur doit prendre en compte la réalité".

"Aïe, aïe, aïe, Renzi, l'affaire se complique", écrit ironique en première page Il Fatto quotidiano.

Matteo Renzi, 39 ans, le jeune chef du PD, est pressé d'arriver au pouvoir après avoir fait voter jeudi par la direction du parti une motion de défiance envers son prédécesseur et membre du même parti Enrico Letta.

Il était convaincu, selon la presse, d'obtenir le mandat de former le gouvernement des mains du président de la République Giorgio Napolitano dès samedi soir, à la fin des consultations politiques que ce dernier a mené avec les principaux leaders du pays.

Mais nombre de ces derniers, méfiants envers le jeune chef du PD qui affirmait il y a encore une semaine à peine son intention de soutenir le gouvernement Letta, ont voulu montrer à Matteo Renzi qu'il devait désormais composer avec leurs exigences, faute de disposer avec son parti d'une majorité dans les deux chambres du Parlement.

Le plus explicite a été Angelino Alfano qui s'est déclaré prêt à participer à un éventuel gouvernement Renzi, à deux conditions. D'abord que "l'axe de l'actuelle coalition +anormale+ droite gauche ne se déplace pas vers la gauche". "Nous dirions non à un tel gouvernement", a assuré Alfano.

La deuxième condition est de "faire les choses en grand" pour sortir le pays de la crise, en ciblant "la classe moyenne".

"Mais pour faire les choses en grand, il faut du temps. On ne peut pas conclure un accord (avec Matteo Renzi, ndlr) en 48 heures et une fois l'accord conclu il faudra l'inscrire noir sur blanc", a averti Alfano, ajoutant que "le happy end" dans cette affaire n'est pas garanti.

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