Jean-Marie Le Pen chassé de "son" Front national

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Le Bureau exécutif du Front national (FN) a annoncé jeudi l'exclusion de Jean-Marie Le Pen qui avait été auditionné dans l'après-midi. A 87 ans, le tribun sulfureux, qui avait réussi l'exploit de se hisser au second tour de l'élection présidentielle de 2002, est mis à la porte du FN qu'il a cofondé et dirigé pendant près de 40 ans.

Habitué des saillies racistes et antisémites, qui lui ont valu plusieurs condamnations en justice, il a été sanctionné pour une nouvelle série de provocations sur la Shoah jugées pénalisantes pour la stratégie de "dédiabolisation" du FN menée par sa benjamine.

Jean-Marie Le Pen a été entendu pendant plusieurs heures par les membres du Bureau exécutif pour répondre d'une série de déclarations jugées contraires à la ligne du parti. Le patriarche de 87 ans est engagé depuis plusieurs mois dans une guerre ouverte avec sa fille et présidente du FN, Marine Le Pen, et le vice-président, Florian Philippot.

"A l'issue de la réunion qui s'est tenue ce jour, le bureau exécutif du Front national, réuni en formation disciplinaire, a délibéré et a décidé, à la majorité requise, l'exclusion de Jean Marie Le Pen comme membre du Front national. La décision complète et motivée sera notifiée prochainement à monsieur Le Pen", peut-on lire dans le communiqué publié par le FN.

La voie 2017 est dégagée pour Marine

Depuis son arrivée à la tête du FN, Marine Le Pen, 47 ans, a pris ses distances avec l'héritage sulfureux légué par son père. Elle a cependant conservé la ligne générale du parti, marquée par des positions nationalistes et anti-immigrés.

Cette stratégie de normalisation vise à conforter ses ambitions en vue de l'élection présidentielle de 2017 en France, pour laquelle tous les sondages depuis près d'un an lui prédisent une qualification pour le second tour. Elle lui a également permis de se rapprocher d'autres partis populistes pour former un groupe au Parlement européen.

Mais son père a toujours estimé que le FN n'avait pas intérêt à devenir trop lisse et n'a jamais renoncé aux propos chocs, allant ainsi jusqu'à dire que le virus Ebola pourrait régler la crise migratoire.

En avril, il a donné une série d'interviews, qualifiant de nouveau les chambres à gaz de "détail" de la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui vaut d'être poursuivi en justice pour contestation de crimes contre l'humanité.

Marine Lepen espère à présent refermer une crise qui handicape l'extrême droite à quelques mois d'élections régionales, dernier tour de chauffe avant le scrutin présidentiel de 2017. Elle-même sera candidate dans le nord de la France, tandis que sa nièce Marion Maréchal-Le Pen est en lice dans le sud-est, deux régions dans lesquelles le FN espère pouvoir gagner.


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