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L’accord sur le Brexit sauve 1,9 milliard d’euros d'activité économique

Le commerce entre la Belgique et le Royaume-Uni transite notamment par le port de Zeebruges. ©Wouter Van Vooren

L’accord obtenu à l’arraché entre l’Union européenne et le Royaume-Uni devrait permettre à la Belgique de préserver 0,4% d’activité économique sur cinq ans, soit 1,9 milliard d’euros.

Arraché in extremis le 24 décembre dernier, l’accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne a permis à la Belgique de préserver 0,4% de son produit intérieur brut (PIB) à un horizon de cinq ans. C’est ce qu’indique la Banque nationale de Belgique (BNB) qui propose une synthèse des différentes estimations déjà réalisées (FMI, IFO, KU Leuven, etc.).

0,5%
du PIB
Grâce à l'accord conclu le 24 décembre, la perte d'activité pour la Belgique devrait se limiter à 0,5% sur 5 ans.

Que ce soit avec accord ou sans accord, le Brexit est synonyme de manque à gagner au plan économique et commercial. Dans un scénario de "no deal", le PIB belge aurait été amputé de 0,9% d’ici cinq ans. Il s’agit bien d’un impact cumulé. Dans cette hypothèse, les échanges entre la Belgique et le Royaume-Uni n’auraient bénéficié que des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et, en particulier, de la clause de la nation la plus favorisée.

Dans un scénario avec un accord de libre-échange du type CETA, comme celui conclu entre l’UE et le Canada, le PIB belge n’aurait été érodé que de 0,5%. La différence entre deal et no deal s’élève à 0,4% de perte d’activité. Rapporté à un PIB de 476 milliards d’euros (2019), cela donne 1,9 milliard d’euros, sur 5 ans.

Incertitude

La BNB signale toutefois que "les estimations sont empreintes d’une large incertitude, dans la mesure où c’est la première fois qu’un État membre quitte l’Union européenne". Reflet de cette incertitude, les estimations varient de 0,5 à 2,3% du PIB pour un scénario OMC (no deal) et de 0,2 à 1,5% pour un scénario d’accord de libre-échange (deal). C’est pourquoi les pertes de 0,9% et de 0,5% sont des valeurs médianes. La BNB, elle-même, avait réalisé, dans son rapport annuel de 2019, une simulation qui naviguait entre 0,7% et 0,3%.

"Les estimations sont empreintes d’une large incertitude."
Banque nationale de Belgique

La BNB fait en outre remarquer que les études prises en considération ne portaient que sur le canal du commerce. Pour la pêche, les barrières tarifaires et non-tarifaires sont inclues, mais pas l’accès aux eaux britanniques.

Enfin, il s’agit d’estimations à politique inchangée. Or, les Britanniques ont souhaité sortir de l'Europe pour recouvrer leur autonomie et donc modifier, le cas échéant, leur politique. Les pays de l’UE peuvent, eux aussi, réagir pour limiter les pertes.

Dans ses prévisions du 14 décembre dernier, la BNB se montrait pessimiste quant aux chances d’aboutir à un accord. En conséquence, elle tablait sur une croissance de l’économie belge de 3,5% en 2021 et de 3,1% en 2022 (après la sévère chute de 7% en 2020). La Banque laisseentendre qu’elle relèvera probablement ses prévisions, sachant que l’essentiel du gain de croissance de 0,4% se concentrera sur les années 2021 et 2022.

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