L'agent innervant du dossier Skripal ne viendrait pas forcément de Russie

©EPA

Nouveau rebondissement dans l'affaire Skripal. A l'heure où Moscou insinue que Londres pourrait être à l'origine de l'empoisonnement de l'ex-espion, un laboratoire britannique a souligné une absence de preuves qui attesteraient de l'implication russe.

Alors que depuis plusieurs semaines, les soupçons de Londres pèsent sur la responsabilité de la Russie dans l'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, le dossier rebondit une nouvelle fois. Le laboratoire britannique de Porton Down a procédé à des analyses de l'agent innervant et a remis ses conclusions ce mardi.

Leurs recherches n'ont pas permis d'apporter la preuve d'une éventuelle implication de Moscou dans la tentative d'empoisonnement. "Nous avons été capables d'identifier qu'il s'agissait du Novitchok, d'identifier que c'était un agent innervant de type militaire", a concédé Gary Aitkenhead, le chef du laboratoire britannique.

Pas de source exacte

Néanmoins, le laboratoire n'est pas parvenu à retrouver l'origine précise de l'agent innervant. "Nous n'avons pas identifié sa source exacte", a admis Gary Aitkenhead.

"Notre travail de fournir les preuves scientifiques pour identifier l'agent innervant en question (...) mais ce n'est pas notre travail de dire où il a été produit"
Gary Aitkenhead
Chef du laboratoire britannique de Porton Down

Il a ajouté que leurs analyses avaient été croisées avec "un certain nombre d'autres sources" du gouvernement britannique "pour aboutir à ces conclusions"."Nous continuons à travailler pour essayer de fournir des informations supplémentaires qui pourraient nous aider à identifier la source, ce que nous ne sommes pas encore en mesure de faire".

Le chef du laboratoire assure cependant que la substance a nécessité la mobilisation "de méthodes extrêmement complexes, quelque chose seulement de la capacité d'un acteur étatique".

Il a en outre garanti que la substance en question ne pouvait en aucun cas provenir de Porton Down, comme Moscou le prétendait. "Il est absolument impossible que cela vienne de chez nous ou ait pu quitter nos murs", a-t-il affirmé.

Ces nouveaux éléments sont susceptibles d'embarrasser Londres, qui avait déclaré que la responsabilité russe dans l'attaque de Salisbury début mars était "la seule explication plausible". Des révélations qui surviennent à l'aube d'une réunion de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) convoquée à la demande de la Russie.

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