L'Allemagne est-elle dangereuse pour l'Europe?

Olli Rehn, (à droite) en discussion avec Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des Finances. © Bloomberg ©Bloomberg

La Commission s'inquiète des "déséquilibres" allemands. La rigueur de Berlin et la dépendance de l'économie du pays vis-à-vis des exportations inquiètent de plus en plus. Olli Rehn voudrait que l'Allemagne "ouvre les goulets d'étranglement à la demande intérieure". Comment faire?

Le Commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a souhaité lundi une issue "gagnant-gagnant" pour l'Allemagne et la zone euro après avoir souligné la semaine dernière que l'excédent commercial allemand pèse sur la reprise en Europe.

La Commission considérera ce mercredi "s'il y a lieu de lancer un examen approfondi" des déséquilibres allemands, comme elle l'a déjà fait pour une dizaine de pays, dont la France, rappelle Olli Rehn sur son blog.

• Pourquoi la Commission s'inquiète-t-elle? Un telle procédure, pouvant in fine déboucher sur des sanctions contre Berlin, se justifierait par le fait que l'Allemagne, première économie européenne, a dégagé un excédent "excessif" de ses comptes courants supérieur à 6% depuis 2007. Selon les dernières prévisions de la Commission, elle va aussi continuer d'afficher de tels excédents jusqu'en 2015.

Comment la Commission va-t-elle réagir? Mais la Commission ne procédera pas mercredi "à un examen mécanique" de ces indicateurs, qu'elle utilisera plutôt "comme point de départ pour une analyse économique" de la situation, a relevé dans un point de presse le porte-parole du commissaire, Simon O'Connor.

La semaine dernière, l'hebdomadaire Die Zeit avait affirmé que la Commission s'apprêtait à inclure l'Allemagne dans les Etats membres sous surveillance macro-économique. Dans tous les cas, la Commission attend de l'Allemagne qu'elle "ouvre les goulets d'étranglement à la demande intérieure", a insisté Rehn.

Et ce pour dégager "une issue gagnant-gagnant tant pour l'Allemagne que pour la zone euro" à un problème au centre d'un "débat enflammé depuis un certain temps".

♦ Les Etats-Unis se sont récemment joints aux critiques européennes et du FMI contre la rigueur allemande et la "dépendance du pays envers les exportations".

• Et que doit faire l'Allemagne? En particulier, l'Allemagne doit "créer des conditions" notamment fiscales "à une croissance salariale durable", "stimuler la compétition dans les services" et "développer les investissements d'infrastructure", énumère le commissaire."Cela renforcerait la performance économique et la prospérité de l'Allemagne (...) et aurait aussi un impact positif significatif sur l'économie de l'eurozone", avec un rééquilibrage nord-sud. Mais il réaffirme que l'Allemagne n'est pas le seul pays à influer sur toute la zone euro, la France, pressée par Bruxelles de déréguler pour plus de compétitivité, détenant "avec elle la clé d'un retour à la croissance et à l'emploi".

Le président de la BCE Mario Draghi avait déjà averti, le 7 novembre, que la zone euro devait corriger ses déséquilibres "sans affaiblir le plus fort". "Affaiblir le plus fort ne veut pas dire que le plus faible devient plus fort", avait-il fait remarquer.

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