L'Allemagne fête les 20 ans de sa réunification

Le président allemand Christian Wulff a présenté l'intégration des immigrés musulmans comme l'un des grands défis de l'Allemagne, qui célèbre dimanche les vingt ans de sa réunification à Brême.

Le président allemand Christian Wulff a présenté l'intégration des immigrés musulmans comme l'un des grands défis de l'Allemagne, qui célèbre dimanche les vingt ans de sa réunification à Brême.

"Vingt ans après la réunification, nous sommes devant l'immense tâche de trouver une nouvelle solidarité dans une Allemagne qui fait partie d'un monde changeant à toute vitesse", a déclaré le chef de l'Etat, applaudissant "le courage" de ceux qui ont renversé la dictature communiste.

"Bien sûr, la chrétienté fait partie de l'Allemagne. Bien sûr, le judaïsme fait partie de l'Allemagne. Il s'agit là de notre culture judéo-chrétienne. Mais à présent l'Islam fait également partie de l'Allemagne", a-t-il ajouté devant plus de 1.400 invités à Brême (nord-ouest).

La première économie européenne compte quelque quatre millions de musulmans sur environ 82 millions d'habitants. L'intégration y est devenue un sujet brûlant ces dernières semaines depuis la publication d'un pamphlet par un ancien responsable de la Bundesbank.

Reprenant une citation de Goethe, M. Wulff a reconnu que "l'Orient et l'Occident ne peuvent plus être séparés". Il a demandé plus d'efforts d'intégration de la part des étrangers et plus de tolérance de la part des Allemands.

Le président a insisté sur l'importance de la liberté d'opinion; il faut "respecter nos règles communes et accepter notre art de vivre", a-t-il ajouté en mettant l'accent sur la nécessité pour tous les habitants de l'Allemagne de parler allemand.

La chancelière Angela Merkel, les membres de son gouvernement, et des personnalités européennes, dont le président de l'UE Herman Van Rompuy, ont participé aux célébrations, organisées chaque année par un Etat régional différent.

M. Wulff a souligné le rôle joué il y a 20 ans par des pays comme la Pologne et la Hongrie, et celui du dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, dans la chute du Rideau de fer et le retour de la démocratie en Europe.

Agée de 56 ans, Mme Merkel, qui a grandi en RDA, a raconté dans une interview publiée dimanche par le quotidien populaire Bild comment sa vie avait basculé avec la réunification: "soudain, je pouvais faire toutes sortes de choses qu'auparavant je ne pouvais qu'imaginer", comme par exemple voyager aux Etats-Unis.

Le président américain Barack Obama a salué "le courage et la conviction du peuple allemand qui a mis à bas le Mur de Berlin, mettant fin à des décennies de séparation douloureuse et artificielle".

Paris a qualifié la réunification de "succès éclatant" et qualifié la relation franco-allemande aujourd'hui "plus précieuse que jamais".

Le président russe Dmitri Medvedev a également félicité Berlin, affirmant que la réunification avait permis l'établissement d'un "partenariat stratégique" entre l'Allemagne et la Russie.

La réunification de l'Allemagne de l'Ouest capitaliste, et de l'Allemagne de l'Est, communiste, entités nées de la division de l'Europe après la seconde guerre mondiale, a été réalisée moins de 11 mois après des manifestations pacifiques qui ont mené à la chute du Mur de Berlin.

La plupart des membres du gouvernement devaient regagner Berlin pour assister à une seconde cérémonie dans la soirée, au pied du Bundestag (parlement), avant un feu d'artifices.

La capitale allemande, noyée sous un soleil d'automne, accueillait elle aussi des dizaines de milliers de visiteurs, la grande avenue Unter der Linden étant prise d'assaut par les autocars et les pétaradantes voitures Trabant, de l'ancienne RDA, offrant des visites guidées aux touristes.

Un sondage diffusé vendredi par la chaîne de télévision ZDF relevait que 84% des Allemands approuvent la réunification du pays, contre 14% qui regrettent qu'elle ait eu lieu.

 

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