L’Allemagne retourne au confinement partiel

Face au dérapage de la pandémie, Angela Merkel et les ministres-présidents des Länder se sont mis d’accord mercredi sur un reconfinement partiel du pays. ©EPA

En Allemagne, les activités de loisirs seront suspendues pendant un mois à partir de lundi, mais les écoles et les commerces resteront ouverts.

Cinémas, théâtres, salles de concerts et de sport, salons de massages et diététiciennes devront de nouveau fermer dès lundi en Allemagne. Les cafés et les restaurants ne pourront plus servir que des plats à emporter, et les habitants sont priés d’éviter tout déplacement non indispensable, y compris les rencontres familiales, mais les promenades en petits effectifs et les joggings resteront autorisés.

Le pays replonge dans le confinement pour un mois, du 2 au 30 novembre. Mais la chancelière et les ministres présidents des régions se sont cette fois mis d’accord sur une version allégée du lock down, afin de limiter les conséquences économiques et sociales de la seconde vague de la pandémie. Les écoles, les jardins d’enfants et les commerces resteront ainsi ouverts, tout comme les salons de coiffure ou les cabinets de kinésithérapie. «Nous ne voulons pas tomber dans une situation d’urgence nationale», a expliqué Angela Merkel à l’issue de la rencontre de mercredi, citant la crainte de voir les hôpitaux débordés si le pays ne parvient pas à inverser la courbe de progression du virus. «L’espoir est d’avoir une situation à peu près maîtrisée d’ici Noël», résume un porte-parole du gouvernement. Déjà, la plupart des marchés de Noël, très populaires en Allemagne, ont été annulés à travers le pays.

Face à la montée des chiffres, avec près de 15.000 nouveaux cas en une seule journée mardi et le quasi doublement du nombre des malades en une semaine, la chancelière s’était résolue à avancer de deux jours une réunion virtuelle de crise avec les Länder, pour faire le point sur la pandémie. Deux camps se faisaient face en amont de la rencontre. Angela Merkel, le ministre-président de la Bavière Markus Söder et de nombreux économistes et virologues privilégiaient un reconfinement dur de deux semaines, avec fermeture des écoles et des commerces non alimentaires pour «casser la courbe» de progression tout en limitant les conséquences pour la dynamique économique. Face à eux, les opposants à toutes nouvelles restrictions, comme le ministre-président du Land de Thuringe, le néo-communiste Bodo Ramelow dont le Land est plutôt épargné par la pandémie…

Solution la moins coûteuse

Le «lock-down light» comme on l’appelle en Allemagne, s’est donc imposé comme la solution de compromis la moins coûteuse. Le gouvernement s’apprêterait en effet à indemniser à hauteur de 75% du chiffre d’affaires de novembre 2019 toutes les entreprises concernées par le nouveau confinement. Selon des indiscrétions, le ministre des Finances, Olaf Scholz, prévoirait à cet effet de contracter une nouvelle dette supérieure à 100 milliards d’euros pour 2021, le montant initial de 96 milliards n’étant pas suffisant pour soutenir les entreprises en difficultés face à la seconde vague de la pandémie. Le nouveau plan d’aide pourrait même atteindre jusqu’à 10 milliards d’euros, selon ces sources. L’État fédéral et les Länder ont débloqué depuis le début de la pandémie 1.000 milliards d’euros d’aides d’urgence, de crédits et de garanties de crédit pour les entreprises et les secteurs touchés par la pandémie.

"L’espoir est d’avoir une situation à peu près maîtrisée d’ici Noël."
Un porte-parole du gouvernement

Angela Merkel et les Länder prévoient de dresser un premier bilan du catalogue adopté mercredi dans deux semaines. Avec une inquiétude pour les autorités, alors que les tribunaux allemands - considérant ces mesures disproportionnées - ont multiplié au cours des dernières semaines les décisions retoquant certaines des restrictions adoptées par les Länder, comme la fermeture des bars à Berlin après 23 heures, l’obligation du port du masque dans le centre-ville de Heidelberg ou l’interdiction pour les hôtels du sud de l’Allemagne d’accueillir des clients en provenance des zones «rouges».

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