L'Allemagne veut achever le déménagement entre Bonn et Berlin

Angela Merkel, chancelière allemande ©REUTERS

Il y a 20 ans aujourd’hui déménageait le gouvernement allemand de Bonn à Berlin. à l’exception de 6 ministères, restés le long du Rhin conformément à la loi dite "Bonn-Berlin". L’essentiel de la classe politique veut mettre fin au coûteux concept de double capitale.

230.000 billets d’avion par an pour parcourir 500 km. C’est le coût financier – et environnemental – du compromis négocié au Bundestag en 1991 pour faire avaler à Bonn la perte de son statut de capitale de l’Allemagne réunifiée. Six ministères – la Défense, l’Agriculture, la Santé, l’Education, l’Environnement et le Développement ont conservé leur siège à Bonn. Tous les autres (on en compte aujourd’hui 14) possèdent également une dépendance dans l’ancienne capitale.

"Beaucoup admettent que Bonn s’est très bien développée et que ce cirque des allers-retours coûte cher!"
Gesine Lötzsch
députée du parti néo-communiste die linke

Le 23 août 1999, Gerhard Schröder déballait ses cartons dans la nouvelle Chancellerie face au Reichstag commandée par Helmut Kohl… 20 ans plus tard, le compromis de 1991 est largement remis en question. "À l’époque, ce compromis était perçu comme étant le fruit d’âpres négociations. Entre-temps, beaucoup admettent que Bonn s’est très bien développé et que ce cirque des allers-retours coûte cher!", résume la députée Gesine Lötzsch du parti néo-communiste Die Linke.

Tous les groupes parlementaires tiennent à peu près le même discours. "Il faut accélérer le déménagement, estime le député social démocrate Johannes Kahrs, pour des raisons environnementales mais aussi d’efficacité. Si on veut bien gouverner, il faut avoir ses salariés près de soi…" D’un ministère à l’autre, l’avis est diversement partagé. La ministre de l’Agriculture, Julia Klöckner, s’est ainsi rendue 60 fois l’an passé sur les bords du Rhin. Contre deux fois pour sa collègue de l’Environnement. Tous ces déplacements et autres signes d’attachement des ministres à leur siège bonnois sont soigneusement consignés par la presse régionale.

Une question de temps

Si officiellement, il n’est pas question pour l’actuelle coalition de revenir sur l’accord de 1991, dans les faits, Berlin ne cesse de consolider sa position face à Bonn. Sur les 20.000 salariés que comptent les 6 ministères, 13.700 ont aujourd’hui leur poste de travail à Berlin. Et sur les 2.000 emplois ministériels créés l’an passé, 85% se trouvent à Berlin. "Pour Bonn, c’est alarmant!", s’inquiète la députée Verte Katja Dörner. En 2009, les trois quarts des salariés des ministères bonnois travaillaient effectivement à Bonn.

Pour les observateurs, ce ne serait plus qu’une question de temps, avant que ne disparaisse l’archaïsme de la loi "Bonn-Berlin".

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