L'Allemagne veut resserrer l'étau autour de l'extrême droite

Un moment de recueillement pour cette femme et son enfant à Hanau, au lendemain de l'attentat terroriste commis par l'extrême droite.

L’attentat de Hanau a provoqué une nouvelle onde de choc en Allemagne. Vendredi, les ministres de la Justice et de l’Intérieur ont présenté la stratégie de durcissement des mesures de sécurité que le gouvernement veut mettre en place.

L’Allemagne va renforcer ses mesures de sécurité après l’attentat raciste de Hanau, le troisième dans le pays en quelques mois. Le gouvernement allemand a présenté vendredi une série de mesures pour tenter d’enrayer la croissance de la violence d’extrême droite, notamment le renforcement des mesures sécuritaires autour des mosquées, réclamé de longue date par les associations musulmanes du pays. En début de semaine, le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer (parti chrétien social bavarois CSU) avait encore affirmé que le dispositif actuel était "suffisant". 

Les aéroports et les frontières feront également l’objet d’une surveillance renforcée, alors que les milieux sécuritaires redoutent que d’autres cellules ou individus dormants ne passent désormais à l’acte. "Les loups solitaires qui se radicalisent sur internet sont des bombes à retardement que nous devons contrer avec tous les moyens que l’Etat constitutionnel nous offre" estime la ministre de la Justice, la sociale démocrate Christine Lambrecht. Justice et Intérieur comptent notamment sur la nouvelle mouture de la loi sur les réseaux sociaux présentée cette semaine en conseil des ministres pour réduire les risques. "La moitié des personnes qui passent à l’acte n’était pas connue des services de police", rappelle le chef de la police fédérale criminelle BKA Holger Münch. Les experts, dont Peter Naumann, chercheur allemand au King’s College de Londres, réclament le même niveau de surveillance pour les réseaux d’extrême droite que pour l’islamisme.

"Quelqu’un a tiré à Hanau, mais beaucoup lui ont donné des munitions, et l’AfD en fait certainement partie."
Larst Klingbeil
Secrétaire général du SPD

Un autre volet de la prévention passe par le contrôle des armes en circulation dans le pays. Selon le quotidien Bild, les Allemands possèdent 4,5 millions d’armes. Toutes ne sont pas légales: en 2018, la police avait saisi 1.091 armes contre 676 un an plus tôt. "Nous allons devoir vérifier si la législation actuelle, notamment pour les clubs de tir, est suffisante, a précisé hier Horst Seehofer. Il faudra peut-être étendre les tests psychologiques." Le terroriste de Hanau a laissé pour expliquer son acte un document de 24 pages, semblant attester de problèmes psychiques. Il possédait un permis de port d’armes et détenait plusieurs armes.

Le contexte politique est également mis en cause. "Quelqu’un a tiré à Hanau, mais beaucoup lui ont donné des munitions, et l’AfD en fait certainement partie", estime le secrétaire général du SPD, Lars Klingbeil, qui réclame la mise sous surveillance du parti d’extrême droite par les services de renseignements intérieurs. Une telle mesure est à l’étude depuis plusieurs mois.

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