L'Allemagne vise la présidence de la Commission plutôt que de la BCE

Angela Merkel verrait bien Peter Altmaier (à gauche), son ancien chef de cabinet, succéder à Jean-Claude Juncker, selon le "Handlesblatt". ©AFP

L’entourage d’Angela Merkel a envoyé le signal que Berlin n’a pas l’intention de pousser une candidature allemande pour succéder à Mario Draghi.

L’inflexible Jens Weidmann ne sera probablement pas le prochain président de la Banque centrale européenne. Si l’idée a longtemps fait son chemin que le patron de la Bundesbank occupe la pole position pour succéder à Mario Draghi, Berlin vient de la battre en brèche. Le quotidien allemand "Handlesblatt" puis d’autres journaux comme le "Financial Times" ont rapporté les propos de responsables allemands selon lesquels Angela Merkel considère qu’obtenir une présidence allemande de la Commission européenne est plus important pour la chancelière que de poster un Allemand au sommet de la BCE. "L’avenir de l'Europe ne se décide pas au travers de la politique monétaire, qui est complètement surévaluée", a indiqué un(e) responsable allemand(e) relayé par le "Financial Times".

Le mandat de Jean-Claude Juncker prend fin avec les élections européennes de mai prochain, tandis que celui de Mario Draghi se termine en octobre 2019.

"L’avenir de l’Europe ne se décide pas au travers de la politique monétaire, qui est complètement surévaluée."

Qui donc pourrait succéder à Jean-Claude Juncker, vu de Berlin? Le "Handlesblatt" cite le nom de Peter Altmaier, ministre de l’Économie et ancien chef de cabinet d’Angela Merkel. Et puisque donner des noms ne mange pas de pain, il mentionne aussi Ursula von der Leyen, la ministre de la Défense, ou même du Bavarois Manfred Weber, le chef du groupe conservateur (PPE) au Parlement européen. Ces noms viennent compléter la liste des candidats potentiels à la succession de Jean-Claude Juncker. Le premier à y être apparu est celui du Français Michel Barnier, négociateur aussi flegmatique qu’inflexible du Brexit. Le nom de la commissaire danoise en charge de la Concurrence Margrethe Vestager revient aussi souvent.

En mars dernier, le collège des Commissaires a procédé à la nomination surprise et controversée d’un Allemand, Martin Selmayr, comme Secrétaire général de l’institution gardienne des traités. On l’imagine mal se maintenir à cette position avec une présidence allemande de la Commission. Les nominations aux plus hauts postes de l’Union européenne font en effet l’objet d'un marchandage complexe dans lequel un équilibre est traditionnellement recherché entre forces politiques en présence et origine géographique.

Diplomatie monétaire

La politique monétaire de Mario Daghi a fait l’objet de vives critiques à Berlin ces dernières années, et l’Allemagne n’a jamais occupé le sommet de l’eurosystème – deux éléments qui plaidaient en faveur de la prise de gallons d’un Weidmann qui ne cache pas ses ambitions. Mais ce banquier central est une figure polarisante au sein de la zone euro: en s’opposant ouvertement à la politique monétaire de l’Italien, il s’est attiré des inimitiés à Paris et Rome – au Conseil des gouverneurs de la BCE, il est le seul à n’avoir pas soutenu la promesse de Draghi de faire "tout ce qui serait nécessaire" pour sauver l’euro.

Mais il était loin d’être seul sur la liste des candidats potentiels, fourre-tout réunissant des banquiers centraux comme le Néerlandais Klaas Knot ou le Finlandais Olli Rehn, en passant par la présidente du Fonds monétaire international Christine Lagarde – autant de profils plus diplomates.

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