L'enquête sur le vaccin d'AstraZeneca se poursuit

Pour l'heure, la Belgique continue à administrer le vaccin d'AstraZeneca à tour de bras à toutes les personnes majeures - sans restriction d'âge, donc. ©Nicolas Landemard

Non, l'Agence européenne des médicaments n'a pas encore abouti à une conclusion sur le lien entre le vaccin et le risque de thrombose. Verdict ce mercredi?

C'est, depuis le lancement de la campagne de vaccination à l'échelle européenne, le vilain petit canard. Celui vers qui se tournent les regards suspicieux; et ce sans que le changement de nom intervenu le 25 mars ne change la donne, AstraZeneca ayant décidé de coller une nouvelle étiquette, "Vaxzevria", sur son vaccin contre le Covid-19.

"Il est clair qu'il y a un lien avec le vaccin. Ce qui cause cette réaction, cependant, nous ne le savons pas encore."
Marco Cavaleri
Responsable de la stratégie vaccinale de l'EMA

Cela a débuté dès l'autorisation de mise sur le marché, fin janvier. Une efficacité supposée moindre que les deux vaccins déjà en lice et un manque de données, le limitant dans un premier temps aux personnes de moins de 56 ans. Rebelote en mars: son blason à peine redoré, avec de meilleurs résultats en matière d'efficacité et un feu vert pour l'injection chez les personnes âgées, voilà qu'un nouveau doute s'installe à la mi-mars. Le vaccin d'AstraZeneca est-il à l'origine de la formation de caillots de sang, menant à des événements thrombo-emboliques? Alors que l'Europe panique, la Belgique garde le cap et poursuit l'administration d'AstraZeneca.

Balance "risques/bénéfices" positive

L'Agence européenne des médicaments (EMA) est appelée à la rescousse. Premières conclusions: le vaccin est "sûr et efficace", et la balance "risques/bénéfices" penche indubitablement en sa faveur. Prudence et vigilance obligent, l'investigation se poursuit. La semaine passée, en Belgique, AstraZeneca est au cœur de nombreuses discussions.

"L'Agence n'a pas encore abouti à une conclusion et l'examen est en cours."
L'Agence européenne des médicaments

Au sein de l'Agence européenne, cela turbine également. Surtout dans les rangs de son Comité pour l'évaluation des risques en matière de pharmacovigilance – Prac, de son petit nom. Comité qui s'est réuni ce mardi, et dont on attend un nouveau rapport pour mercredi ou jeudi. Petit couac de communication à la clef. "Il est clair qu'il y a un lien avec le vaccin", affirmait le responsable de la stratégie sur les vaccins de l'Agence, Marco Cavaleri, dans une interview parue mardi au quotidien italien Il Messaggero. "Ce qui cause cette réaction, cependant, nous ne le savons pas encore."

Le lien est-il donc établi entre AstraZeneca et ces thromboses rares, associées à des chutes de plaquettes et survenant chez des patients relativement jeunes? Pas si vite! L'Agence "n'a pas encore abouti à une conclusion et l'examen est en cours", a-t-elle fait savoir ce mardi après-midi.

Reste à savoir ce que le Conseil supérieur de la santé et la task force vaccination auront eu à se mettre sous la dent ce mardi soir, tous deux étant censés digérer les conclusions de l'Agence et remettre un avis aux différents ministres belges de la Santé qui se réunissent mercredi matin.

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