L'Espagne inquiète tout le monde

La pression monte en Espagne. Mariano Rajoy n'a toujours pas demandé d'aide financière internationale, malgré la pression des marchés et de certains partenaires européens. Dans la rue, les manifestations se multiplient. Sur les marchés, la tension monte. Les taux obligataires grimpent, la Bourse madrilène s'enfonce. La Banque centrale annonce que l'économie espagnole s'est enfoncée dans la récession.

Les taux des emprunts espagnols sur dix ans ont dépassé les 6% ce mercredi sur le marché obligataire, les investisseurs s'inquiétant de la situation du pays où la gronde s'intensifie contre le gouvernement à la veille de la présentation du budget 2013. Le gouvernement espagnol va en effet  dévoiler jeudi son budget pour l'an prochain et un nouveau train de mesures, qui comprendra une réduction des possibilités de retraite anticipée et la création d'une autorité fiscale, a indiqué Mariano Rajoy, le premier ministre espagnol.

La Bourse de Madrid reculait de plus de 3% en début d'après-midi, après que la Banque centrale espagnole ait annoncé que le PIB espagnol avait baissé "à un rythme significatif". "Les données disponibles pour le troisième trimestre de l'année suggèrent que le produit intérieur brut a continué à baisser à un rythme significatif, dans un contexte de tension financière toujours très élevée", a indiqué la Banque d'Espagne.

Les marchés commencent à sérieusement s'angoisser du fait que Mariano Rajoy, le premier ministre espagnol, ne se décide pas à faire appel à l'aide internationale, condition sine qua non pour que la BCE consente à racheter des obligations espagnoles pour faire baisser leurs taux.

Selon Raphael Gallardo, responsable de la recherche macroéconomique chez Rotschild Asset Management, le premier ministre espagnol Mariano Rajoy pourrait être en train de retarder une demande d'aide financière internationale en pariant sur le fait qu'un regain de tension sur les marchés obligataires ne force l'Italie à demander - elle aussi - une assistance financière. Une manière d'augmenter sa marge de négociation et d'éviter que tous les regards ne convergent sur Madrid.

"L'Espagne se trouverait en meilleure compagnie et serait moins stygmatisée si elle devait faire appel à l'aide internationale en même temps que l'Italie. L'Italie a besoin de fournir davantage d'efforts d'austérité. Ils seront probablement plus facile à atteindre avec le soutien de l'Union européenne et de la Banque centrale européenne", estime Raphael Gallardo.

"Une aide ? Si les taux restent durablement élevés"

Mariano Rajoy assure qu'il demandera l'aide de ses partenaires, "à 100%", si les taux d'intérêt sur la dette espagnole restent durablement élévés.

Si les taux d'intérêt de la dette de l'Espagne se maintenaient à un niveau "très élevé pendant trop longtemps", mettant en danger l'économie du pays et alourdissant sa dette, "je peux vous assurer à 100% que nous demanderions ce sauvetage", a déclaré M. Rajoy dans un entretien au Wall Street Journal publié mercredi.

Il a toutefois précisé qu'il ne pouvait pas se prononcer maintenant sur cette demande d'aide auprès de ses partenaires européens. "Je ne peux pas en parler pour le moment", a-t-il dit, ajoutant qu'il fallait voir si les conditions liées au sauvetage s'avéraient "raisonnables".

Gronde sociale

Des affrontements ont eu lieu mardi soir à Madrid entre policiers et manifestants du mouvement des Indignés rassemblés par milliers aux abords du Congrès des députés. La Catalogne a également convoqué des élections régionales anticipées.

Le reportage de la TVE sur les manifestations (en espagnol):




 

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