L'Espagne va accueillir le navire de migrants en Méditerranée

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L'Espagne et son nouveau gouvernement ont décidé de prendre en charge le navire humanitaire Aquarius qui transporte plus de 600 migrants en Méditerranée, après le refus du gouvernement italien de l'accueillir sur son territoire.

La catastrophe humanitaire tant redoutée en Méditerranée est évitée. L'Espagne va accueillir le navire transportant les 629 migrants secourus au large de la Libye, et dont le sort était l'enjeu d'un bras de fer entre Malte et l'Italie. "Il est de notre obligation d'aider à éviter une catastrophe humanitaire et d'offrir un 'port sûr' à ces personnes", a indiqué le cabinet de Pedro Sanchez, nouveau chef du gouvernement espagnol en précisant que le port de Valence avait été choisi comme destination de l'Aquarius.

A l'annonce espagnole, le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a crié un "victoire" sur Twitter. "De mémoire de citoyen, c'est la première fois qu'un bateau ayant secouru des migrants en Libye les débarquera dans un autre port qu'un port italien, c'est le signe que quelque chose est en train de changer," a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse.

Le gouvernement de Rome a refusé dimanche qu'il accoste dans un port italien et a demandé à Malte de l'accueillir. "Malte ne reçoit personne, la France refoule les gens à la frontière, l'Espagne défend ses frontières avec des armes. A partir d'aujourd'hui, l'Italie commencera aussi à dire non à la traite des êtres humains, non à l'immigration clandestine", a écrit dimanche sur Facebook Matteo Salvini, le ministre italien de l'Intérieur issu de la Ligue, un parti d'extrême droite.

629
Migrants
L'Aquarius, affrété par l'ONG SOS Méditerranée, a secouru samedi 629 migrants, dont 7 femmes enceintes, 11 enfants en bas âge et 123 mineurs isolés, mais restait depuis en stand-by au large de l'Italie et de Malte, qui lui refusaient l'accès à un port.

Plus de 600.000 migrants ont atteint l'Italie par bateau depuis 2013. Les arrivées ont reculé de 85% depuis le début de l'année grâce aux accords conclus par le gouvernement italien précédent pour empêcher les départs des côtes libyennes mais les sauvetages se sont à nouveau multipliés ces derniers jours. "Sauver des vies en mer est un devoir mais transformer l'Italie en un énorme camp de réfugiés n'en est pas un", a renchéri lundi Matteo Salvini. "L'Italie a fini de courber la tête et d'obéir. Cette fois, il y a quelqu'un qui dit non.

SOS Méditerranée avait précisé avoir suffisamment de vivres pour nourrir les migrants encore un jour. "Des gens sont en pleine détresse, ils manquent de provisions et ont un besoin urgent d'être aidés", a déclaré pour sa part le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui appelé les gouvernements italien et maltais à mettre de côté les considérations politiques. "Des questions plus larges, comme savoir qui est responsable ou comment mieux partager les responsabilités entre les Etats, peuvent être examinées plus tard", a souligné Vincent Cochetel, envoyé spécial du HCR.

La Commission européenne a souligné que la priorité pour les autorités italiennes et maltaises devait être de s'assurer que ces gens "reçoivent les soins dont ils ont besoin". "Nous appelons toutes les parties concernées à contribuer à un règlement rapide (...) afin que les passagers de l'Aquarius puissent être débarqués le plus vite possible", a dit le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas.

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