L'Etat français ne lâche pas Bernard Tapie et réclame toujours son dû

Bernard Tapie avait perçu 403 millions d'euros en 2008 suite à l'arbitrage controversé ayant conclu l'affaire Adidas-Crédit lyonnais. ©AFP

Relaxé ce mardi par le tribunal correctionnel de Paris, Bernard Tapie doit néanmoins rembourser les 403 millions d'euros perçus à la suite de l'arbitrage de l'affaire Adidas-Crédit lyonnais.

"L'Etat se mettra en position de récupérer l'argent qui lui est dû." Ce matin, la ministre de la Justice française, Nicole Belloubet, a réagi au micro de France 2 à la relaxe au tribunal correctionnel de Paris, hier, de Bernard Tapie, dans le cadre des suites de l'affaire Adidas-Crédit lyonnais.

Avec fermeté, la Garde des Sceaux a rappelé que, si le tumultueux homme d'affaires a été lavé des accusations d'"escroqueries" et de "détournement de fonds publics" au pénal, le jugement civil, confirmé en cassation en 2017, le condamne toujours à rembourser les 403 millions d'euros obtenus suite à la décision d'arbitrage de l'affaire en question et, d'après les dires de la ministre, l'Etat français "mettra en oeuvre les moyens" de récupérer la somme. 

Face à ce qui peut apparaître comme une contradiction, Mme Belloubet explique: "Il y a une cohérence [entre les jugements], parce que vous pouvez très bien accomplir un acte qui civilement engage votre responsabilité, qui n'est pas correct [...] et puis d'un autre côté on peut considérer que pour autant il n'y a pas de tentative d'escroquerie au pénal. Ça n'est pas incompatible."  

dates clés
  • 1990: Bernard Tapie achète Adidas.
  • 1992: l’homme d’affaires est nommé ministre de la Ville sous François Mitterrand.
  • 1993: il revend Adidas à Robert Louis-Dreyfus.
  • 2008: il obtient 403 millions d’euros par le biais d’un arbitrage.
  • 2017: la cour de cassation confirme l’annulation de l’arbitrage. Bernard Tapie doit rembourser.
  • 2019: démarrage du procès pénal de l’arbitrage.

 

Le jugement en correctionnelle rendu mercredi a permis à Bernard Tapie, mais aussi à ses co-prévenus, dont l'actuel patron d'Orange, Stéphane Richard, ici entendu pour "complicité d'escroquerie", de laver leurs noms et de protéger la suite de leurs carrières. Au moment de la décision d'arbitrage controversée, ce-dernier occupait le poste de directeur de cabinet de Christine Lagarde, ex-ministre de l'Economie et des Finances, condamnée, elle, pour "négligence" par la Cour de justice de la République en 2016.

Tapie dans l'oeil du cyclone

Dernières retombées de la revente d'Adidas par Bernard Tapie - alors ministre - par l'intermédiaire du Crédit lyonnais en 1992, l'annulation de la décision d'arbitrage en sa faveur en 2017, la condamnation au remboursement de la totalité de la somme perçue alors (403 millions d'euros) et l'entame du procès en correctionnelle en 2019, ces péripéties du procès de sa vie pèsent lourd sur les épaules de Bernard Tapie.

Atteint de deux cancers, l'homme d'affaires, certes soulagé pénalement, paye aujourd'hui le prix d'une affaire vieille de près de trente ans, au propre, comme au figuré.

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