L'État islamique a-t-il commis l'attentat d'Ankara?

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L'attentat le plus meurtrier en Turquie commis samedi n'a toujours pas été revendiqué. Les autorités turques pointent toutefois du doigt le groupe terroriste État islamique.

97 morts et 507 blessés. Voilà le dernier bilan, encore provisoire, publié par les autorités turques, deux jours après l'attentat le plus meurtrier commis sur le sol turc. 65 blessés se trouvaient toujours en soins intensifs dimanche.

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Mais après le choc, ce sont les questions qui affluent, dont la principale: "qui?" L'attentat n'a toujours pas été revendiqué. Les autorités turques considèrent toutefois le groupe djihadiste de l'Etat islamique (EI) comme le suspect numéro 1 du double attentat suicide, a déclaré lundi le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.

"Si l'on regarde la manière dont a été commise cette attaque, nous considérons les investigations sur Daech comme notre priorité."
Ahmet Davutoglu
Premier ministre turc

"Si l'on regarde la manière dont a été commise cette attaque, nous considérons les investigations sur Daech (l'acronyme arabe de l'EI) comme notre priorité", a déclaré M. Davutoglu. "Nous avons le nom d'une personne qui nous oriente vers une organisation", a-t-il précisé, sans toutefois donner d'autres détails sur l'enquête en cours.

Dimanche, deux hauts responsables des services de sécurité ont déclaré que les premiers signes allaient dans le sens d'un attentat de l'EI et que l'attentat présentait des ressemblances frappantes avec l'attentat suicide qui avait fait 34 morts le 20 juillet dernier à Suruç près de la frontière syrienne, attribué lui aussi à Daech.

Un double attentat suicide

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Deux fortes explosions ont secoué les alentours de la gare centrale de la capitale turque, où des milliers de militants venus de toute la Turquie à l'appel de plusieurs syndicats, d'ONG et partis de gauche favorables à la cause kurde se rassemblaient pour dénoncer la reprise du conflit kurde.

D'après le Premier ministre, il s'agit d'un attentat suicide. "Absolument, c'était un attentat suicide. Des tests ADN sont en cours. On a pu déterminer comment les kamikazes sont arrivés là. Nous sommes sur le point d'avoir un nom, qui indique un groupe", a déclaré Ahmet Davutoglu.

S'il a pointé du doigt le groupe EI, M. Davutoglu n'a toutefois pas refermé la piste d'une attaque des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ou du Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C) d'extrême gauche, qu'il a présentés comme des "suspects potentiels".

Colère contre Erdogan

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L'attentat d'Ankara a du coup relancé la colère contre le régime du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, accusé par le principal parti prokurde du pays de ne pas avoir délibérément assuré la sécurité de la manifestation et de souffler sur les braises du conflit kurde dans la perspective des élections législatives anticipées du 1er novembre, qui sont maintenues.

Plusieurs centaines de personnes se dirigent ce lundi vers une mosquée de la banlieue d'Istanbul pour l'enterrement de plusieurs victimes du double attentat en criant leur colère contre le gouvernement turc. Selahattin Demirtas, le chef de file du Parti démocratiquedes peuples (HDP), formation prokurde qui s'estime visée par l'attentat de samedi et qui montre du doigt le gouvernement turc, devait assister aux funérailles.

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La police anti-émeute était présente sur les lieux, équipée de canons à eau et de véhicules blindés. Dans ce quartier populaire d'Umraniye, la foule criait "voleur, assassin, Erdogan" à l'adresse du président RecepTayyip Erdogan et agitait des drapeaux du HDP.

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