analyse

L'Europe a reçu "moins de vaccins" qu'elle le souhaitait

La négociatrice en chef de l'UE sur les vaccins contre le Covid-19, Sandra Gallina, a été entendue par le Parlement européen. ©EPA

Sandra Gallina, négociatrice en chef de l'UE pour les vaccins, a reconnu que l'Europe avait reçu moins de doses qu'elle le souhaitait lors de la première livraison. Mais elle a garanti que toute la population européenne sera vaccinée.

Les chiffres de distribution du vaccin continuent à être inégaux en Europe. Certains pays comme le Danemark ont injecté plus de 2 millions de doses du vaccin de Pfizer/BioNTech depuis le 27 décembre, alors que la Belgique avoisine les 30.000 injections. Les députés européens inquiets de cette situation ont entendu ce mardi Sandra Gallina, la directrice générale de la Santé à la Commission européenne. C'est elle qui a piloté la négociation d'une commande de 2,3 milliards de vaccins auprès de six laboratoires pour 450 millions d'Européens.

Sandra Gallina a garanti que les commandes permettraient de vacciner tout le monde en Europe. Mais ses indications sur le rythme des livraisons sont restées floues.

"Un élément demeure dissimulé, il s'agit du processus de livraison, les quantités de vaccin mais aussi les délais de livraison pour les vaccins de Pfizer et Moderna."
Pascal Canfin
Renew Europe

La directrice générale a tenté de rassurer sur les questions de transparence, en confirmant que le contrat d'achat avec le laboratoire allemand CureVac pouvait être consulté par les eurodéputés durant les 3 prochains jours. Mais les conditions de consultations sont très rigoureuses. Les députés ne pourront faire de copie et en s'engageront à ne pas en divulguer le contenu. En outre, les principaux contrats d'achats, ceux conclus avec Pfizer/BioNTech et Moderna, ne sont toujours pas accessibles.

Les États responsables des commandes

"Un élément demeure dissimulé, il s'agit du processus de livraison, les quantités de vaccins, mais aussi les délais de livraison pour les vaccins de Pfizer et Moderna. Avez-vous une chronologie par pays et par semaine? Si oui, pourquoi ne pas la divulguer?", a interrogé Pascal Canfin (Renew Europe), le président de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen.

L'élu français n'a reçu aucune réponse précise, hormis que les livraisons devraient s'intensifier au deuxième trimestre.

"Nous avons un premier quota de doses. C'est moins que ce que l'on souhaitait. Mais les vaccins arrivent", a reconnu Sandra Gallina. "Les contrats prévoient des calendriers plus chargés à partir du mois d'avril", a-t-elle ajouté. L'essentiel de la commande effectuée auprès de Pfizer/BioNTech sera livré en septembre 2021.

"Nous avons un premier quota de doses. C'est moins que ce que l'on souhaitait. Mais les vaccins arrivent."
Sandra Gallina
Directrice générale de la Santé et de la Sécurité alimentaire à la Commission européenne

La question est revenue à plusieurs reprises. La négociatrice en chef a renvoyé vers les États, seuls responsables des bons de commande finaux. "Ce sont les États membres qui sont responsables des commandes de vaccin", a-t-elle dit.

Certains députés ont pointé du doigt les laboratoires qui auraient négocié le plus longtemps possible afin de réduire leur responsabilité.

"Il ne faut pas nous dire qui fait quoi, il faut commencer à vacciner, et à tout de bras. Nous voulions le vaccin aussi rapidement que possible et nous voulions de la sécurité", a déclaré l'eurodéputé allemand Peter Liese (PPE/CDU). "J'ai connaissance de problèmes avec Pfizer, ils n'étaient pas d'accord avec les exigences de responsabilité", a-t-il précisé.

"Les doses sont là pour tout le monde et elles le sont même en surplus", a répliqué Sandra Gallina, sans réellement aborder les négociations sur la responsabilité des laboratoires.

Avec 2,3 milliards de doses, l'UE estime qu'elle dispose de suffisamment de vaccin pour toute sa population. Les surplus devraient aller aux pays voisins, comme les Balkans. "C'est grâce à notre effort commun que nous avons obtenu plus de doses", a martelé la directrice générale.

Plusieurs États, dont l'Allemagne, sont soupçonnés d'avoir mené des négociations parallèles avec les laboratoires, alors que la Commission négociait pour toute l'Union."Les contrats parallèles ne sont pas possibles, et nous n'avons reçu aucune notification à ce sujet", a opposé Sandra Gallina.

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