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L'Europe adopte des mesures contre l'antisémitisme croissant

Un portrait de la survivante des camps nazis et politicienne française Simone Veil, couvert par une croix gammée à Paris. ©REUTERS

La Commission européenne a adopté une stratégie pour lutter contre l'antisémitisme, mieux protéger la vie des juifs européens et le patrimoine juif. L'UE veut aussi préserver le souvenir de l'Holocauste.

Face à la montée des actes et des discours de haine antisémites en Europe, la Commission européenne a adopté, ce mardi, une stratégie pour lutter contre l'antisémitisme dans l'Union européenne (UE). Cette stratégie, une première dans l'histoire de l'UE, s'articule autour de trois piliers: prévenir toute forme d'antisémitisme, protéger la vie des juifs et promouvoir le souvenir de l'Holocauste.

"L'antisémitisme est un poison pour notre société. C'est à nous tous de le combattre."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

"L'antisémitisme frappe au cœur de nos valeurs : humanité, liberté religieuse et égalité. L'antisémitisme est un poison pour notre société. C'est à nous tous de le combattre. À nous de l'empêcher. Et de l'éradiquer", a déclaré mardi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. "L'Europe ne peut prospérer que lorsque sa communauté juive se sent en sécurité et peut prospérer", a-t-elle ajouté.

Selon les données de l'exécutif européen, 44% des jeunes juifs en Europe ont expérimenté des actes de harcèlement antisémite. Par moins de 71% des juifs européens évitent de porter ou d'exposer des objets qui pourraient les identifier comme juifs. Pour 85% des juifs d'Europe, l'antisémitisme est un "problème sérieux" qu'ils doivent affronter.

Stratégies nationales

71%
des juifs
Selon la Commission européenne, 71% des juifs européens évitent de porter ou d'exposer des objets qui pourraient les identifier comme juifs.

La Commission encourage en premier lieu les États européens à adopter des stratégies nationales de lutte contre l'antisémitisme. Pour l'exécutif européen, il s'agit de lutter contre l'antisémitisme contemporain, présent dans l'ensemble de la société sous de nombreuses formes. "Le discours et le comportement antisémites peuvent être ouverts ou voilés, conscients ou inconscients", lit-on dans le document adopté ce mardi.

La stratégie prévoit aussi de développer un réseau de "personnes de confiance" et d'organisations juives chargées de signaler les discours haineux et antisémites en ligne. Elle encourage également à coopérer avec l'industrie et les sociétés informatiques pour empêcher l'affichage et la vente illégaux de symboles, de souvenirs et de littérature liés aux nazis en ligne.

Protéger la vie de juifs

Pour garantir que les Juifs se sentent en sécurité en Europe, la Commission propose aussi d'augmenter le financement des projets visant à mieux protéger les espaces publics et les lieux de culte à concurrence de 24 millions d'euros en 2022.

L'UE prendra également des mesures pour protéger les cimetières juifs d'Europe, sensibiliser aux biens culturels juifs pillés par les nazis et sauvegarder le patrimoine culturel juif. Les programmes visant à sensibiliser et accroître les connaissances sur la vie juive seront aussi encouragés.

"Une tache dans l'histoire"

L'UE veut aussi encourager à mieux enseigner la Shoah, l'entreprise d'extermination systématique menée par l'Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale, qui conduisit au massacre de plus de 6 millions de juifs, soit deux tiers des juifs d'Europe.

"Durant la pandémie, nous avons vu émerger à nouveau des mythes complotistes antisémites."
Margaritis Schinas
Vice-président de la Commission

La stratégie prévoit, entre autres, de promouvoir les visites de jeunes voyageant à travers l'Europe vers les sites du patrimoine juif dans le cadre du programme DiscoverEU.

"L'antisémitisme et l’Holocauste sont une tache dans l'histoire européenne. C'est même la plus sombre. On retrouve de plus en plus d'actes d'antisémitisme", a déploré le vice-président de la Commission, Margaritis Schinas, rappelant les récents attentats terroristes en Allemagne et en France contre des juifs européens.

"Durant la pandémie, nous avons vu émerger à nouveau des mythes complotistes antisémites", a-t-il ajouté. La Commission a observé une multiplication par un facteur 7 des propos et théories antisémites en Europe et par un facteur 13 en Allemagne.

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