L'Europe adopte des sanctions économiques contre la Biélorussie

La cheffe de l'opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa, lors de sa rencontre avec les ministres européens des Affaires étrangères, le 21 juin à Luxembourg. ©EPA

L'UE a décidé de restreindre les échanges avec Minsk dans les secteurs de la pétrochimie, du potasse, du tabac, des banques et des assurances. Les technologies de surveillance sont également visées.

Le Conseil européen a adopté ce jeudi des sanctions économiques ciblées contre le régime du président biélorusse Alexandre Loukachenko. Pour la première fois depuis la révolte d'août 2020, l'Union européenne frappe directement des secteurs de l'économie biélorusse, comme la pétrochimie, le tabac, les banques et les assurances. Ces sanctions répondent aux violences perpétrées par les autorités biélorusses contre la société civile, au détournement d'un avion Ryanair et à l'arrestation d'un opposant, Raman Pratasevich et sa compagne Sofia Sapega.

"Les actions décidées ont été mises en oeuvre de façon rapide, intégrale et ambitieuse."
Un diplomate européen

Lors de leur sommet extraordinaire des 24 et 25 mai, les Vingt-Sept avaient décidé de réagir "vite et fort" contre le régime autoritaire de Loukachenko. Après l'atterrissage forcé de l'avion Ryanair à Minsk le 23 mai, l'UE avait également imposé un blocus aérien sur la Biélorussie.

"Les actions décidées ont été mises en oeuvre de façon rapide, intégrale et ambitieuse", a indiqué un diplomate européen en marge du sommet européen.

La cheffe de l'opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa, avait plaidé pour la prise de nouvelles sanctions, lundi, lors d'un petit déjeuner avec les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Luxembourg.

Sanctions économiques

Les sanctions économiques vont un cran plus haut que les mesures individuelles et touchent directement au portefeuille le régime de Loukachenko. Elles comprennent l'interdiction de vendre, de fournir ou d'exporter en Biélorussie des technologies destinées à la surveillance ou l'interception d'internet et des communications téléphoniques, ainsi que des technologies à usage militaire.

Outre les restrictions citées plus haut, les sanctions visent aussi l'accès aux marchés des capitaux de l'UE. Il est désormais interdit de fournir des assurances aux autorités biélorusses.

La Banque européenne d'investissement (BEI) arrêtera tout paiement au secteur public biélorusse. Les Etats européens devront aussi limiter toute implication de la Biélorussie dans les banques multilatérales de développement dont ils sont membres.

Loukachenko isolé

166
personnes
Au total, 166 personnes et 15 entités biélorusses font l'objet de mesures restrictives, qui comprennent un gel des avoirs et l'interdiction de voyager pour les individus.

Lundi dernier, les ministres des Affaires étrangères avaient adopté un quatrième paquet de sanctions contre des individus et des entités liés au détournement de l'avion Ryanair et à l'arrestation du dissident. Au total, 166 personnes et 15 entités biélorusses font l'objet de mesures restrictives, qui comprennent un gel des avoirs et l'interdiction de voyager pour les individus.

L'Union européenne a pris cette décision en concertation avec ses partenaires américains, britanniques et canadiens, qui, eux aussi, ont adopté une série de sanctions contre la Biélorussie. Alexandre Loukachenko, dont la réélection est contestée par la communauté internationale, est plus que jamais isolé. Seule la Russie, qui projette d'annexer le pays via un traité d'union, continue à soutenir le régime biélorusse.

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