L'Europe ambitionne une mission lunaire d'ici 2025

©AFP

ArianeGroup a signé un contrat avec l’Agence spatiale européenne ESA pour étudier la possibilité d’aller sur la Lune, une première pour l’Europe. Une firme belge est déjà associée au projet.

Après la Russie, les Etats-Unis et la Chine, l’Europe pourrait à son tour aller sur la Lune: l’Agence spatiale européenne (ESA) a confié à la société de lanceurs ArianeGroup, le constructeur des fusées Ariane, une étude sur la possibilité de se poser sur notre satellite avant 2025. Une première pour le continent européen, qui pourrait dans le même temps préfigurer une présence humaine autonome.

L’annonce a été faite par André-Hubert Roussel, le nouveau président exécutif du groupe, à l’occasion de vœux à la presse. "Je suis convaincu que la conquête de l’Espace est essentielle pour l’avenir de l’humanité en général. L’Europe doit y tenir sa place", a fait valoir Roussel, qui a pris ses fonctions le 1er janvier, en remplacement d’Alain Charmeau.

"La conquête de l’Espace est essentielle pour l’avenir de l’humanité."
André-Hubert Roussel
CEO d’ArianeGroup

Une telle mission pourrait s’appuyer sur le nouveau lanceur dont l’Europe s’apprête à se doter à partir de 2020: la fusée Ariane 6 effectuera à cette date son premier vol, et remplacera au-delà de 2023 l’actuelle Ariane 5 à l’issue d’une période de transition. Selon Roussel, Ariane 6, dans sa version la plus puissante, est capable d’emmener jusqu’à 8,5 tonnes en orbite cislunaire.

L’objectif de cette mission serait l’exploitation du régolithe, un minerai duquel il est possible d’extraire eau et oxygène, permettant d’envisager une présence humaine autonome sur la Lune et aussi de produire le carburant nécessaire à des missions d’exploration plus lointaine. La cible principale des chercheurs reste toutefois d’arriver à exploiter l’eau enfermée dans la glace des pôles de la Lune: elle pourrait être séparée en hydrogène et en oxygène, deux gaz qui, mélangés, peuvent alimenter le moteur des fusées.

Une PME belge

Pour l’Europe, il s’agit d’affirmer ses ambitions et de préserver son accès à l’espace, mais aussi de faire progresser la science. Le patron de l’ESA, Jan Woerner, avait déjà proposé en 2015 de remplacer la Station spatiale internationale en orbite autour de la Terre par un village lunaire permanent.

Cette étude confiée à ArianeGroup fait partie du plan global de l’ESA pour faire de l’Europe un partenaire majeur au niveau mondial dans le domaine de l’exploration dans la prochaine décennie. Ce plan sera présenté à la fin de l’année lors de la réunion Space 19 +, qui réunit le conseil de l’ESA au niveau ministériel.

Pour la réalisation de cette étude, ArianeGroup et sa filiale Arianespace sont associés à une start-up allemande, PTScientists, qui fournira l’atterrisseur, et à une PME belge, Space Applications Services, qui fournira le segment sol, les équipements de communication et les opérations de services associées. Ce consortium pourra ainsi assurer le service pour l’ensemble de la mission: du lancement au transfert vers la Lune, mais aussi pour l’alunissage et la communication pour opérer des charges nécessaires à la réalisation de la mission.

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