L'Europe crée un groupe de contact sur le Venezuela

©Photo News

L'Union européenne a pris la tête ce jeudi d'un groupe de contact pour résoudre la crise au Venezuela. Il sera constitué pour une période initiale de 90 jours et chargé d'accompagner le processus électoral au Venezuela.

Instabilité au Venezuela, conflit en Syrie, entrée de la Macédoine dans l'UE... Les sujets brûlants ne manquent pas pour les 28 ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis dans le cadre d'un Conseil informel ("Gymnich") jeudi et vendredi à Bucarest, sous présidence roumaine. Lors des réunions de ce format, les ministres ne prennent aucune décision, mais les débats aboutissent parfois à d'importants progrès. 

La crise politique en cours au Venezuela, où le président de l'Assemblée nationale Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim, a monopolisé les débats. Au point de pousser l'UE à un geste fort. Depuis samedi dernier, six pays européens (France, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Portugal) réclament au président Maduro l'organisation d'élections anticipées. Ils ont donné un délai de huit à dix jours pour se décider. Mais la réponse de l'intéressé paraît des plus incertaines. Les Européens ont décidé d'accroître la pression.

Groupe de contact

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini ©EPA

A la fin de la rencontre, la Haute représentante de l'UE, Federica Mogherini, a annoncé la création d'un groupe de contact pour le Venezuela chargé d'accompagner l'organisation d'élections. Créé pour une période initiale de 90 jours, ce groupe de contact se rendra au Venezuela pour encadrer un éventuel processus électoral. Il sera composé de plusieurs pays européens ainsi que des Etats d'Amérique latine comme la Bolivie et l'Equateur.

"Le groupe de contact aura pour mission de permettre aux vénézuéliens de s'exprimer de façon claire et démocratique au terme de nouvelles élections", explique Federica Mogherini.

"90 jours c'est une limite pour réussir le travail. Si le groupe de contact ne parvient pas à créer une dynamique, il terminera son travail avant", ajoute la cheffe de la diplomatie européenne. Sa mission pourrait aussi être prolongée "il faudra plus de 90 jours pour organiser des élections", a-t-elle reconnu.

Les 28 Etats de l'UE ont affiché leur unité sur l'objectif principal de ce groupe de contact, l'organisation d'élections.

"Nous voulons des élections au Venezuela dans un délai court, à défaut l'Union européenne reconnaîtra la présidence par intérim de Juan Guaido", surenchérit le ministre belge des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders (MR).

Journalistes emprisonnés

Federica Mogherini a aussi invité le Venezuela a libérer les journalistes emprisonnés sans raison par le régime de Nicolas Maduro. Cinq journalistes de l'agence de presse espagnole EFE ont été arrêtés jeudi au Venezuela. "Tous les journalistes doivent être en mesure d'effectuer leur profession", a dit la cheffe de la diplomatie européenne. 

Le Parlement européen, de son côté, a voté ce jeudi à Bruxelles une résolution reconnaissant Juan Guaido comme président par intérim. Un camouflet pour Nicolas Maduro qui devait présenter le jour même un plan pour sortir son pays de la crise. Mais les députés européens n'ont aucun pouvoir de reconnaissance dans ce domaine. "Les prérogatives de la reconnaissance n'appartiennent pas l'UE mais aux Etats membres", confie Federica Mogherini. Plusieurs Etats de l'UE s'apprêteraient à reconnaître la présidence ad interim de Juan Guaido, a-t-on appris.

Nioolas Maduro ©AFP

Le Venezuela, un des pays les plus pauvres d'Amérique latine malgré ses richesses pétrolières, traverse une crise économique et sociale sans précédent. Nicolas Maduro a été réélu l'an dernier à la présidence, mais de lourds soupçons pèsent sur cette élection. Les Etats-Unis exigent le départ du président Maduro et imposent des sanctions financières sur le régime.

Les ministres des Affaires étrangères devaient aussi aborder lors de cette rencontre les conséquences du retrait des troupes américaines de Syrie. Mais les discussions ont été reportée au prochain Conseil Affaires étrangères à Bruxelles."Nous devons déterminer comment renforcer l'aide humanitaire en Syrie, rester à distance du régime de Bachar al-Assad et gérer le départ des Américains", résume Didier Reynders. 

Armée européenne

La réunion des ministres des Affaires étrangères fut précédée d'un Conseil informel des ministres de la Défense au cours duquel les Vingt-huit ont abordé la défense européenne. Certains Etats, la France en tête, veulent créer une armée européenne. D'autres, comme la Belgique et les pays nordiques, parlent plutôt de renforcer le pilier européen au sein de l'Otan.

"Il n'y a pas d'antagonisme entre l'Union européenne et l'Otan. Nous essayons de renforcer cette démarche qui consiste à être plus efficace au sein de l'Otan grâce à l'intégration européenne", affirme Didier Reynders (MR). Il fut le seul ministre européen à suivre les deux conseils informels. 

 


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