Publicité

L'Europe débloque un plan d'aide massif pour relancer son économie

Pour le président du Conseil européen, Charles Michel, le plan de relance permettra à l'Europe de "relever la tête". ©REUTERS

Les Vingt-Sept ont débloqué jeudi un important plan de relance post-Covid, en plus du budget 2021-2027. Gros plan sur les détails de ce plan d'aide massif.

Les Vingt-Sept ont bouclé jeudi, lors d'un sommet marathon de 21 heures, le budget à long terme de l'Union européenne (UE) et le plan de relance post-Covid. Un paquet de plus de 1.824 milliards d'euros, vital pour une économie européenne sonnée par la pandémie de coronavirus. Ce montant, exceptionnel, est "un pas en avant pour relever la tête, soutenir nos entreprises, les petites et les grandes, et soutenir les citoyens", a résumé le président du Conseil européen Charles Michel. D'importants blocages minaient son adoption. "Ce sommet a été l'occasion de montrer la force tranquille de l'Union européenne", a-t-il ajouté.

"Ce sommet a été l'occasion de montrer la force tranquille de l'Union européenne."
Charles Michel
Président du Conseil européen

Le suspense est resté entier jusqu'au bout. L'année 2021 approchait et l'Europe était dénuée de budget, alors qu'elle devrait affronter une récession de 7,4% en 2020.

L'accord budgétaire, conclu l'été dernier, était bloqué par les vetos de la Pologne et la Hongrie, en raison d'une clause conditionnant le versement des aides au respect de l'Etat de droit. Les deux pays, cancres des valeurs européennes, ont plié grâce à un compromis de la présidence allemande de l'UE, donnant à la Cour de justice de l'UE le dernier mot sur ce mécanisme.

Pour entrer en vigueur, le budget 2021-2027, de 1.074 milliards euros, et le plan de relance de 750 milliards doivent encore être ratifiés par le parlement européen et les assemblées nationales.

Un plan de relance massif

Le plan de relance "Next Generation EU" est de loin l'instrument le plus original du paquet. Il comporte une "facilité pour la relance et la résilience", de l'ordre de 672,5 milliards d'euros, sous forme de prêts (360 milliards) et de subventions (312,5 milliards) pour soutenir les réformes préparées par les Etats. Pour la première fois de leur histoire, les Etats européens vont générer une dette commune, qui sera levée par la Commission. Il aura fallu le choc de la pandémie pour que cette décision soit prises, après des années de discussions difficiles.

Une grande partie de cette pièce maîtresse du budget devra être consacrée à des investissements "verts" (37%) et numériques (20%). Une exigence incontournable.

5,1
milliards d'euros
La Belgique devrait recevoir environ 5,1 milliards d’euros dans le cadre de "Next Generation EU".

En plus de cette facilité, le plan apportera des fonds supplémentaires à d’autres programmes européens tels qu’Horizon Europe consacré à la recherche scientifique (5 milliards), InvestEU servant à doper les investissements des entreprises (5,6 milliards), le développement rural (7,5 milliards) ou le Fonds pour une transition juste prévu accompagner les pays en retard au niveau climatique (10 milliards). Une enveloppe de 47,5 milliards d’euros sera consacrée à REACT-EU, une initiative pour soutenir les régions européennes face à la crise sanitaire.

La plus grande partie du plan de relance sera distribuée en 2020 et 2021. Le reste, environ 30%, sera octroyé en 2023. Enfin, les montants reçus ne pourront excéder 6,8 % du revenu national brut de chaque Etat.

La Belgique recevra 5,1 milliards d'euros

La Belgique devrait recevoir 5,1 milliards d’euros dans le cadre de "Next Generation EU", sur la base d’un Plan national pour la reprise et la résilience (PRR) à introduire avant fin avril 2021. Ce plan devrait comporter des projets d’investissement écologiques et numériques, ainsi que des réformes structurelles.

Le gouvernement d'Alexander De Croo a constitué des équipes de travail. Un premier projet de PRR contenant les principales orientations devrait être remis à la Commission européenne pour fin 2020/début 2021. Un second texte, affiné, sera transmis mi-février. Le projet devrait comporter 5 axes, la durabilité, la mobilité, le numérique, la solidarité et la productivité.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés