L'Europe va interdire l'entrée sur son territoire

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, appelle les Etats de l'UE à coordonner leur lutte contre la pandémie de coronavirus. ©AFP

L'Union européenne va interdire l'entrée sur son territoire pour une période de 30 jours et ce, dès ce mardi à midi. Une décision qui s'est faite attendre, tant l'UE a du mal à se coordonner dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus.

La Commission européenne va interdire l'accès de l'Union européenne aux voyageurs étrangers pour une période de 30 jours afin de limiter la propagation du coronavirus, a annoncé lundi la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen après une vidéoconférence du G7. Cette interdiction portera sur les voyages non essentiels. Une information confirmée dans la soirée par le président français Emmanuel Macron qui a indiqué que cette interdiction entrera en vigueur dès ce mardi à midi.

"Nous avons informé aujourd'hui nos partenaires du G7 du fait que nous proposons d'introduire une restriction temporaire des déplacements non essentiels vers l'Union", a dit Ursula von der Leyen. La période de 30 jours pourra "être prolongée si nécessaire".

"Nous avons informé aujourd'hui nos partenaires du G7 du fait que nous proposons d'introduire une restriction temporaire des déplacements non essentiels vers l'Union."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

Des dérogations seront prévues pour les ressortissants européens qui rentrent chez eux, les travailleurs de la santé, les diplomates, les travailleurs frontaliers et les transporteurs de marchandises.

Les Vingt-sept adopteront officiellement cette proposition lors d'une vidéoconférence. Ursula von der Leyen a invité les quatre Etats associés à la zone Schengen mais non-membres de l'UE (Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse) à participer à cette interdiction.

Cette décision a également été discutée lors d'un entretien ce lundi entre le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et le président du Conseil européen Charles Michel, alors que les 27 États de l'UE semblent avoir du mal à se coordonner. Le président Macron a appelé les États à se coordonner et condamné les mesures unilatérales prises aux frontières.

La présidente de la Commission a également proposé de mettre en place des voies rapides, des "voies vertes", pour donner la priorité aux transports essentiels, les biens médicaux, les denrées essentielles et les services d'urgence.

Difficile coordination entre Européens

Depuis plusieurs jours, en Europe c'est chacun pour soi. Les États de l’Union européenne réagissent dans le désordre face à la pandémie de coronavirus, alors que les autorités européennes ont du mal à instaurer une coordination.

Plusieurs pays ont imposé des restrictions à leurs frontières, menaçant le marché intérieur et l’approvisionnement en équipements médicaux des zones les plus touchées.

En quelques jours, l’Autriche, la Hongrie et la Slovénie ont instauré des contrôles à leur frontière avec l’Italie. L’Estonie, la République tchèque et la Slovaquie ont fermé totalement leurs frontières. L'Espagne fermera ses frontières terrestres dès lundi minuit.

L’Allemagne, effectuant un revirement majeur, a fermé ses frontières avec la France, l’Autriche, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Suisse. Seuls les travailleurs transfrontaliers et les marchandises sont autorisés à circuler.

Impuissante, la Commission européenne doutait, lundi, de l’efficacité de ces mesures.

L'Europe est devenue l'épicentre de la pandémie. On dénombrait ce 16 mars 51.771 cas d'infection, dont près de la moitié en Italie (23.980), et 2.316 morts. L'UE anticipe désormais une récession entre 2 et 2,5% du PIB.

Risque de pénurie d'équipements

Dimanche, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, annonçait des mesures pour restreindre les exportations d’équipement médical (masques, kits de tests, respirateurs…) hors des frontières de l’UE afin d’éviter une pénurie en Europe. Les États européens devront mettre en place un régime d'autorisation des exportations hors de l'Europe. 

La Commission européenne invitait également les États européens à partager entre eux leurs équipements médicaux.

Ursula von der Leyen insistait pour que les gouvernements européens n'agissent pas unilatéralement, estimant que la fermeture de frontières intérieures de l’UE est néfaste.

Selon la Commission européenne, le rétablissement des contrôles aux frontières risque de compliquer les chaînes de distribution et l'approvisionnement en biens de consommation.

Le président du Parlement européen Davide Sassoli lançait, lui aussi, le même avertissement. "Les États membres ne doivent pas réagir unilatéralement, nous avons besoin d’une coordination renforcée", a-t-il averti.

Achats groupés

La Commission européenne a lancé lundi deux nouveaux appels d’offres avec plusieurs États européens pour commander des ventilateurs et des kits de dépistage. Ils s’ajoutent à un premier appel d’offres lancé en février pour des équipements médicaux. L’exécutif européen se révèle toutefois incapable de dire dans quel délai des achats groupés seraient réalisés.

1 million
de masques
Après avoir, dans un premier temps, restreint ses exportations d’équipement médical, l’Allemagne a finalement promis à l'Italie de lui livrer un million de masques.

Après avoir, dans un premier temps, restreint ses exportations d’équipement médical, l’Allemagne a finalement promis à l'Italie de lui livrer un million de masques. Entre-temps, la Chine a livré des milliers de masques à l’Italie. 

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