L'Europe divisée sur la question du certificat de vaccination

Pour le président du Conseil européen, Charles Michel, il est impératif d'accélérer la vaccination contre le coronavirus. ©REUTERS

Les Vingt-Sept aborderont jeudi lors d'un sommet la création d'un certificat européen de vaccination contre le Covid-19. La question divise, alors que certains États, comme la Grèce, réclament ce document afin de relancer le tourisme.

Les dirigeants européens discuteront jeudi lors d'une vidéoconférence de la coordination face à la pandémie de coronavirus, avec une attention particulière sur la campagne de vaccination. Ils examineront également la proposition de la Commission européenne de créer un certificat de vaccination européen. La question divise les capitales, alors que la campagne de vaccination connaît des lenteurs dans plusieurs pays.

Plusieurs États européens souhaitent la création d'un certificat de vaccination prouvant que son détenteur a été vacciné contre le Covid-19, afin d'éviter qu'il subisse des tests lors de son arrivée dans un autre pays.

Pour les pays dont le secteur touristique constitue une part de revenu importante, comme la Grèce et Malte, ce certificat permettrait une relance plus rapide des voyages et du tourisme. Mais pour d'autres États, comme les Pays-Bas, la question est moins urgente.

La Commission européenne travaille avec les capitales à une proposition de document standardisé, mais avec une grande prudence. L'exécutif européen ne veut en aucun cas créer des discriminations entre les citoyens européens qui ont été vaccinés et ceux qui ne le sont pas.

"L'idée sera de trouver une approche commune. Par exemple si vous êtes Belge, de pouvoir prouver en France que vous avez été vacciné", explique un haut fonctionnaire européen, "mais aurez-vous besoin de ce certificat pour voyager? La question est prématurée. Il ne sera possible d'avoir ce débat que lorsque nous aurons atteint une masse critique de personnes vaccinées".

"Aurez-vous besoin de ce certificat pour voyager? La question est prématurée. Il ne sera possible d'avoir ce débat que lorsque nous aurons atteint une masse critique de personnes vaccinées."
Un haut fonctionnaire européen

La Commission européenne souhaite aboutir à une approche commune sur le certificat de vaccination "pour la fin janvier". Vu les divisions entre États membres, ce délai paraît ambitieux.

Les campagnes de vaccination inégales

La campagne de vaccination, lancée depuis le 27 décembre dernier, se poursuit de manière inégale dans les pays européens. Au 19 janvier, la France avait vacciné 585.000 personnes, alors que l'Allemagne et l'Italie avaient chacune dépassé 1,2 million de vaccinations.

La Commission européenne, pour tenter d'accélérer les choses, a proposé lundi aux États membres qu'ils parviennent à un objectif chiffré de 70% de la population vaccinée d'ici "l'été prochain". Ce taux est généralement considéré comme permettant d'obtenir une immunité collective.

"Notre priorité absolue est d'accélérer la vaccination dans l'ensemble de l'UE", affirme le président du Conseil européen, Charles Michel, dans sa lettre d'invitation aux chefs d'État ou de gouvernement. Difficile toutefois de contraindre les États à accélérer la cadence.

"Notre priorité absolue est d'accélérer la vaccination dans l'ensemble de l'UE."
Charles Michel
Président du Conseil européen

Lors du sommet, les dirigeants seront invités à échanger leur expérience sur la mise en œuvre des campagnes de vaccination. "Les termes de lenteur et de rapidité ne conviennent pas, tout est relatif et dépend des programmes, des contraintes logistiques et des livraisons. Tout dépend aussi du choix des entreprises et de leur capacité à livrer en temps et en heure", dit une source.

Pour rappel, l'Union européenne dispose d'un portefeuille très large de 2,3 milliards de vaccins, négociés auprès de six laboratoires. Deux vaccins ont été autorisés, ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna, tandis qu'un troisième, celui d'AstraZeneca, est en cours d'autorisation.

La commande finale et les programmes de distribution des vaccins dépendent de chaque État européen, qui traite avec les groupes pharmaceutiques dans le cadre des contrats d'achats négociés par la Commission.

Les Vingt-Sept aborderont aussi la question des variantes du Covid-19 en provenance du Royaume-Uni et du Brésil.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés