L'Europe divisée sur le rôle des citoyens dans sa future réforme

©Photo News

La Commission européenne adopte ce mercredi sa position sur la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Les citoyens y ont une place moins ambitieuse que dans les plans du Parlement européen.

Une semaine après le Parlement européen, c’est au tour de la Commission de préparer son plan de bataille en vue de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. L’exécutif européen adopte ce mercredi un document sur la manière dont il voit ce processus de réforme du fonctionnement démocratique de l’UE. Le citoyen occupe une place moins importante que dans le projet du Parlement.

La conférence, qui démarre le 9 mai pour une période de deux ans, devrait être "un débat ouvert, inclusif et transparent, accessible aux citoyens de tous les coins de l’Union", affirme la Commission.

Moins enthousiaste que le Parlement

Dans les grandes lignes, l’objectif est le même que celui du Parlement. L’approche "de bas en haut", des citoyens vers les institutions, est reprise en toutes lettres dans le document. Mais le ton est moins enthousiaste, et la place laissée aux débats avec les citoyens est plus modeste.

La résolution des eurodéputés parle d’un "débat robuste sur l’avenir de l’Europe". La Commission se borne à évoquer un "dialogue" entre les institutions et les citoyens, sans entrer dans les détails.

La conférence devrait être "un débat ouvert, inclusif et transparent, accessible aux citoyens".

Le Parlement européen appelle, entre autres, à l’organisation d’agoras où 200 à 300 citoyens sont appelés à se prononcer sur des sujets précis, comme les valeurs européennes, les aspects démocratiques de l’UE, la justice sociale et l’égalité, le numérique et la sécurité. Les députés vont même jusqu’à proposer de trouver des arrangements pour que les frais de déplacement des participants soient remboursés.

La Commission évoque des "dialogues" de niveau local, sans préciser les modalités et les thèmes discutés. Elle suggère la tenue d’autres conférences, incluant "les partenaires sociaux, les autorités locales et la société civile". Elle ne cite pas les ONG, alors que le Parlement y fait allusion.

La Commission attribue un rôle déterminant aux institutions européennes qui devraient "travailler ensemble à une déclaration conjointe" sur l’organisation de la conférence. L’exécutif européen entrevoit son rôle à égalité avec le Parlement et le Conseil européen représentant les États de l’UE. Or, on le sait, le Conseil se sent moins impliqué que les deux autres institutions dans la conférence, qu’il ne veut surtout pas voir aboutir à une révision des Traités.

"Une discussion d’une telle ampleur ne sera fructueuse que si et quand des actions suivront", insiste la Commission. Ce sera le rôle des institutions européennes et des participants locaux et régionaux de s’en assurer. Même volonté du côté du Parlement, mais qui insiste sur la participation de représentants des citoyens lors de la conférence plénière.

Comme le Parlement, la Commission cite deux réformes essentielles souhaitées au bout du processus: la constitution de listes transnationales aux élections et le principe de candidat tête de liste pour désigner le président de la Commission. Les députés européens ajoutent explicitement la date des prochaines élections de 2024.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés