L'Europe durcit le ton face à l'expansion de la Chine

Le vice-président de la Commission, Jyriki Katainen ©AFP

Le Parlement européen s'inquiète de la cybermenace chinoise suite à l'affaire Huawei. La Commission Juncker, de son côté, propose un plan en dix mesures pour tenter de rééquilibrer la relation avec la Chine.

Cybermenace, dumping, aides d’Etats... Les pratiques de la Chine inquiètent de plus en plus l’Europe, décidée à hausser le ton.

Mardi, le Parlement européen a voté à Strasbourg une résolution exigeant une réaction urgente de l’UE suite aux allégations selon lesquelles l’équipementier chinois Huawei utilise le déploiement de la 5G en Europe pour mener des opérations d’espionnage. Les eurodéputés se disent très inquiets à l’idée que le groupe chinois ait intégré "des portes dérobées permettant aux autorités et aux fabricants chinois d’accéder sans autorisation aux données et aux télécommunications à caractère personnel dans l’UE". Washington a adressé les mêmes reproches à Huawei et veut l’expulser de l’exploitation de la 5G sur le territoire américain.

Certification en cybersécurité

Le Parlement européen a aussi adopté mardi un règlement pour renforcer la cybersécurité sur son territoire. Ce texte crée le premier dispositif européen de certification en cybersécurité. L’idée est de garantir que les produits, les processus et les services vendus dans les pays européens soient conformes aux normes de cybersécurité. Les députés européens ont aussi décidé d’accroître les ressources de l’agence européenne de cybersécurité (ENISA).

Le plan en dix points de la Commission Juncker

"Pékin a compris depuis longtemps que pour régner sur l’Europe, il faut la diviser"
Philippe Lamberts
Coprésident des Verts européens

La Chine n’est pas devenue, pour autant, l’ennemi de l’Europe. "Le commerce entre l’UE et la Chine représente un milliard d’euros par jour" a rappelé à Strasbourg Jyrki Katainen, le vice-président de la Commission européenne.

L’exécutif européen a proposé mardi un plan en dix points pour parvenir à des "relations équilibrées" entre l’UE et la Chine. Les mesures visent à renforcer la coopération plusieurs domaines, comme la sécurité et le climat, tout en poussant la Chine à plus de réciprocité sur le terrain économique (ouverture du marché, aides d’Etats...) et en accroissant les instruments de protection du marché européen. Les Vingt-huit se prononceront sur ce plan lors du sommet du 21 mars.

Mais pour certains États, la tentation est grande de céder aux appels de sirènes de la Chine. Ainsi, l’Italie vient-elle de laisser tomber la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin, pour rejoindre le projet "Ceinture et Route", un gigantesque plan d’infrastructures de la Chine vers l’Ouest rétablissant les routes de la soie. "L’Italie face à la Chine, c’est même pas David contre Goliath. Pékin a compris depuis longtemps que pour régner sur l’Europe, il faut la diviser", avertit le coprésident des Verts Philippe Lamberts. 

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