L'Europe durcit le ton face à la Russie

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Les dirigeants européens ont haussé le ton jeudi contre la Russie en suspendant les négociations sur les visas et en menaçant de prendre des sanctions économiques.

Les dirigeants européens ont haussé le ton jeudi contre la Russie en suspendant les négociations sur les visas et en menaçant de prendre des sanctions plus dures, notamment économiques, si la situation continuait à se détériorer en Ukraine.

A l'issue d'un sommet européen extraordinaire à Bruxelles, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a annoncé que les dirigeants s'étaient accordé sur une stratégie progressive de sanctions, en trois étapes, pour contraindre la Russie à "négocier" une sortie de crise en Ukraine.

"La situation en Ukraine doit s'engager dans un processus de désescalade. Si la Russie ne le fait pas, il y aura de graves implications dans les relations UE-Russie", a déclaré M. Van Rompuy à l'issue d'une réunion de plus de six heures.

L'UE a jugé "illégale" la décision du parlement local de Crimée de demander le rattachement de la péninsule ukrainienne à la Russie. "Cette décision est contraire à la Constitution ukrainienne et en conséquence illégale", a déclaré M. Van Rompuy.

Sommet européen extraordinaire sur l’#Ukraine: l’UE a décidé des sanctions graduelles contre la Russie #EUCO http://t.co/xbCPc3AV6B— Elio Di Rupo (@eliodirupo) March 6, 2014


Il est "très important" que les 28 aient parlé "d'une même voix", a déclaré le président français François Hollande après la réunion au cours de laquelle les dirigeants ont reçu le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk.

La position de l'UE "permet de donner sa place au dialogue, à la négociation, c'est à dire à la paix", a-t-il ajouté.

L'UE a en outre annoncé son intention de signer l'accord d'association avec Kiev avant les élections du 25 mai en Ukraine.

"Nous nous tenons auprès de l'Ukraine et nous renouvelons l'engagement européen à signer l'accord d'association" que l'ex-président Viktor Ianoukovitch avait refusé de signer en novembre, a déclaré M. Van Rompuy. "nous signerons le volet politique de l'accord très bientôt, avant les élections", a-t-il ajouté.

En bref

• La Crimée, péninsule russophone du sud de l'ex-république soviétique, est contrôlée de facto depuis le 28 février par des soldats armés en uniformes identifiés par la population et les journalistes sur place comme appartenant aux forces russes.
• Moscou dément son implication et parle de groupes "d'autodéfense" organisées par une population majoritairement d'origine russe menacée par les nouvelles autorités pro-européennes de Kiev.


 L'envoyé spécial de l'ONU menacé

L'envoyé spécial de l'ONU en Crimée, Robert Serry, a décidé de mettre fin à sa mission dans la péninsule ukrainienne russophone après avoir été retenu brièvement mercredi par des hommes armés à Simféropol. Selon le vice-secrétaire général de l'ONU Jan Eliasson, Serry se trouvait "devant le siège des forces navales" à Simféropol lorsqu'il a été menacé par des hommes armés. Il a été pris à partie par des "hommes non identifiés" qui lui ont intimé l'ordre de se rendre à l'aéroport et de "quitter la Crimée", a précisé  Eliasson. Serry a tenté de reprendre sa voiture mais celle-ci étant bloquée, il a dû repartir à pied vers son hôtel et a téléphoné en chemin depuis un café pour raconter sa mésaventure.

 "J'espère que cet incident va rappeler à tout le monde à quel point la situation est devenue dangereuse en Crimée. Il y a un besoin absolument urgent de désescalade" des tensions, a commenté plus tard Robert Serry lui-même, interrogé par téléphone sur la chaîne américaine CNN. "Je suis très inquiet de ce qui pourrait arriver s'il y avait des effusions de sang", a-t-il insisté, assurant ne jamais avoir craint pour sa vie durant cet épisode. "Il y a des gens en Crimée qui se comportent avec beaucoup de retenue", a-t-il expliqué.


Que font les Occidentaux?

Que font les Occidentaux?

L'UE cherche plutôt à renforcer l'Ukraine et son nouveau gouvernement. La Commission européenne a ainsi présenté mercredi un plan d'aide massif "d'au moins 11 milliards d'euros". "L'argent ne sera toutefois pas déboursé avant les élections prévues en Ukraine le 25 mai, car l'aide impose des conditions et il faut un gouvernement issu des urnes pour les mettre en oeuvre", soutient la France.

Parallèlement, l'Union européenne a annoncé jeudi avoir gelé les avoirs de 18 responsables ukrainiens de l'ancien régime de Viktor Ianoukovitch, dont ce dernier, impliqués dans des "détournements de fonds publics".

Les parlementaires américains pourraient voter dans les prochains jours un programme d'aide à l'Ukraine mais restent indécis quant à d'éventuelles sanctions contre la Russie. Le chef du groupe républicain, Eric Cantor, a déclaré que la Chambre examinerait rapidement un programme d'un milliard de
dollars de garanties américaines apportées à des prêts ukrainiens, ainsi que le réclame l'administration Obama.



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