L'Europe et les États-Unis renouvellent leur partenariat

Le président des États-Unis Joe Biden, reçu par les présidents du Conseil européen Charles Michel et de la Commission, Ursula von der Leyen. ©REUTERS

Joe Biden a terminé sa visite en Europe par un sommet avec l'UE marqué par quelques avancées dans le domaine commercial, climatique et sanitaire, après plusieurs années de tumulte sous Donald Trump.

Le président des États-Unis Joe Biden a clôturé une semaine de visite en Europe par un sommet avec l'Union européenne destiné à relancer le partenariat transatlantique abîmé par les années Trump. Cette rencontre était précédée d'une réunion au Palais Royal avec le roi Philippe, le Premier ministre Alexander De Croo et la ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès.

"Il est dans l'intérêt des États-Unis d'avoir une bonne relation avec l'Europe et l'Otan."
Joe Biden
Président des États-Unis

Pour sa première visite auprès de l'UE, le président Biden a eu droit au tapis rouge et à un accueil chaleureux par les présidents du Conseil européen, Charles Michel et de la Commission, Ursula von der Leyen.

"Les États-Unis sont de retour sur la scène internationale, c'est une grande nouvelle pour les alliés, et c'est aussi une grande nouvelle pour le monde", a déclaré Charles Michel. "Il est dans l'intérêt des États-Unis d'avoir une bonne relation avec l'Europe et l'Otan", lui a répondu Joe Biden. Ursula von der Leyen s'est réjoui que le président américain ait choisi de venir à Bruxelles "peu de temps après son élection".

En coulisses, les représentants américains et européens ont négocié âprement ces derniers jours pour apaiser leur conflit sur les subventions à l'industrie aérienne. Les deux blocs s'accusaient mutuellement depuis des années d'aides publiques indues aux constructeurs aéronautiques Boeing et Airbus. Ils ont fini par conclure un "cessez-le-feu" de cinq ans.

Lors de ce sommet, les États-Unis et l'UE ont pris plusieurs engagements visant à dynamiser leurs relations commerciales déjà importantes. "Malgré la pandémie, le commerce entre les États-Unis et l'UE a représenté 1.000 milliards d'euros en 2020", a souligné la présidente de la Commission.

1.000
Milliards d'euros
Le commerce entre les États-Unis et l'UE a représenté 1.000 milliards d'euros en 2020.

Il reste toutefois des progrès à faire pour éteindre la guerre commerciale entre l'UE et les États-Unis, en particulier au niveau des taxes sur l'acier et l’aluminium décrétées par Trump.

Pandémie, climat et commerce

La pandémie de Covid-19 était au cœur des discussions. Les deux partenaires ont discuté du futur traité sur les pandémies qui devrait être conclu à l'ONU. Ils ont décidé de créer une plateforme sur la vaccination pour tenter de résoudre les problèmes liés à la distribution des vaccins.

Les États-Unis et l'UE ont aussi décidé de créer un conseil pour les technologies pour avancer face aux pas de géants réalisés par la Chine dans ce domaine. Ce forum, impensable du temps de Trump, se concentrera sur les nouvelles technologies comme les semi-conducteurs et l'intelligence artificielle.

Les dirigeants européens et américains ont également mis en place un groupe d'action sur le climat pour réduire les émissions de CO₂ et renforcer la croissance verte.

"Nous sommes lucides. Nous avons un partenaire avec lequel nous pouvons être engagés. Il y aura par moment des sujets plus difficiles, plus délicats, mais il y aura une volonté partagée d'écoute mutuelle", a résumé Charles Michel.

La "menace" chinoise

"L'Otan est une organisation de l'Atlantique Nord, la Chine n'a rien à voir avec l'Atlantique Nord."
Emmanuel Macron
Président de la République française

La veille, Joe Biden avait insisté auprès de ses alliés de l'Otan sur la menace que représente la Chine pour la sécurité et le commerce mondial. Les États-Unis, première puissance mondiale, sont en quête de soutien auprès des Européens face à la montée en puissance de la Chine. Cette menace a été relayée par le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg.

Certains alliés européens, la France et l’Allemagne en tête, ont relativisé l'urgence, même s'ils considèrent aussi la Chine comme un rival systémique. "L'Otan est une organisation de l'Atlantique Nord, la Chine n'a rien à voir avec l'Atlantique Nord", a indiqué Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse. "Notre rapport à la Chine est beaucoup plus large que l'aspect militaire", a-t-il ajouté.

Le résumé

  • Les États-Unis et l'UE ont pris plusieurs initiatives lors d'un sommet pour relancer leur partenariat transatlantique. Ils ont conclu un accord sur leur vieille dispute commerciale autour des constructeurs aériens Airbus et Boeing. Les deux partenaires ont aussi créé une plateforme pour la vaccination, un conseil pour les technologies et un groupe d'action sur le climat.
  • Les États-Unis et l'Europe considèrent la Chine comme un rival systémique. Mais tous les pays européens ne partagent pas l'urgence avec laquelle les États-Unis, première puissance mondiale, veulent affronter Pékin.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés