L’Europe évalue le vaccin russe Spoutnik, mais n’envisage pas de commande

Flacons de Spoutnik V à l'hôpital central de Budapest, le 12 février. ©REUTERS

L’Agence européenne des médicaments a lancé l’évaluation du vaccin russe, alors que plusieurs États membres en ont déjà acheté.

À Amsterdam, l'Agence européenne du médicament (EMA) a entamé jeudi l'évaluation du vaccin russe "Spoutnik V", qui pourrait mener à son approbation pour utilisation dans l'ensemble de l'Union.

"Nous avons besoin d'élargir notre portefeuille de vaccins."
Hans Kluge
Directeur Europe de l'OMS

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a salué l'annonce: "La Fédération de Russie a déjà prouvé qu'elle pouvait développer des vaccins robustes et fiables", a souligné le Belge Hans Kluge, directeur Europe de l'Organisation. "Nous avons besoin d'élargir notre portefeuille de vaccins", a-t-il ajouté. La Russie a indiqué de son côté pouvoir fournir de quoi vacciner 50 millions d'Européens.

Le 11 août dernier, Vladimir Poutine avait été le premier chef d’État à annoncer avoir un vaccin enregistré (qui n'était en réalité qu'un passage en phase 3). Une étude publiée en février dans la revue médicale The Lancet évalue l'efficacité du Spoutnik V contre les formes symptomatiques du Covid à 91,6%, un résultat exceptionnel, pour un vaccin qui de surcroît est plus facile à conserver et à transporter que ceux de Pfizer-BioNTech et Moderna.

Pas prévu dans le portefeuille

L'approbation de l'EMA couvre les États contre les risques juridiques liés aux vaccins, mais les capitales peuvent décider d'approbations nationales. Le vaccin a déjà été validé par les autorités sanitaires de plusieurs États membres et a notamment été commandé par la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie. Cette dernière a reçu lundi sa première livraison de 200.000 doses.

La Commission européenne a indiqué jeudi qu'il n'y a pas de négociation en cours en vue d'acheter des doses du vaccin russe et que son approbation éventuelle n’aurait pas d'impact sur cet état de fait. "Le seul fait qu'un vaccin soit approuvé au niveau européen (...) ne signifie pas qu'il y aurait quelque obligation que ce soit pour la Commission de l'inclure à notre portefeuille", a indiqué le porte-parole de la Commission, Éric Mamer.

Interdiction d'exportation

À ce jour, trois vaccins sont autorisés au niveau européen: Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca. Une demande d'autorisation est pendante pour celui de Johnson & Johnson, et ceux de Novavax et CureVac sont aussi attendus. Pour sécuriser tant que possible les livraisons prévues, l'Union mise notamment sur le contrôle des exportations de vaccins produits sur le sol européen, décrété fin janvier. Jeudi, l'Italie a été le premier État de l'Union à utiliser le mécanisme en bloquant une livraison de 250.000 doses d'AstraZeneca produites près de Rome et que la firme entendait livrer à l'Australie.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés